Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

Bienvenue sur mon blog

  • Accueil
  • > Archives pour septembre 2011

29 septembre, 2011

La syllabe imposée : dé par Fabienne

Classé dans : Non classé — joie55 @ 12:03

Sa dépendance découlait d’une déprime désagréable et dévastatrice. Il déglutissait des décades de déchets. Son désir dérapait… la désolation, le désert.
Jusqu’à ce qu’il découvre et dévêtisse une déesse délicieuse qui le défit de ses défauts et développa en lui des délires de désirs.

Fabienne FABRE

Lundi 27 juin – Jean-Jacques se lâche !

Classé dans : Non classé — joie55 @ 11:45

Texte à partir d’une coupure de journal, dont le texte est : elle, ne semble pas parvenir à trouver nouvelle chaussure à son pied …
Utilisation de trois verbes qui commencent par t
Quatre adjectifs qui commencent par s
Deux noms qui commencent par c
Les trois verbes : tomber, toucher, titiller.
Les quatre adjectifs : subtile, sournois, sadique, sordide
Les deux noms commençant par c : campanule, compote.

Elle ne semble pas parvenir à trouver nouvelle chaussure à son pied. Chaque fois qu’elle en met une, soit elle est trop grande, soit trop petite. Maintenant, l’important c’est le mot « nouvelle ». Cela veut dire qu’elle a déjà eu des chaussures qui s’adaptaient à son pied… euh ! à ses pieds, nuance ! Car dans une paire de chaussures on peut tomber sur une des deux qui est bonne. Car une paire de chaussures c’est sadique, y en a toujours une qui fait mal. Donc voilà, elle ne trouvait pas nouvelles chaussures à ses pieds ou pour ses pieds, les deux donc ! Parce que ce n’est pas la peine d’avoir une seule chaussure qui va bien et l’autre qui met le pied en compote. Il vaut mieux avoir les deux qui vont bien, un couple de chaussures en somme, (subtile cette pensée !). Oui mais il faut pas rêver parce que dans la vraie vie les choses sont sournoises. Ca ne va jamais comme tu le veux ma petite ! (Le narrateur s’adresse à l’héroïne). Sans aller dans le récit sordide, il faut reconnaître que parfois ce n’est pas drôle et alors ce n’est pas le pied ! (Facile !) Là au stade de ce récit, elle semble toucher du doigt la réalité de la vie. Quand on veut changer de chaussures il ne faut pas titiller le hasard, il faut toujours baliser la voie et ne pas s’égarer dans les campanules, ma petite ! … (Là c’est toujours le narrateur qui s’adresse à l’héroïne.).

Jean-Jacques

Un mot extraordinaire : épectase

Classé dans : Non classé — joie55 @ 11:43

IIs avaient pris un peu de retard. Oh! juste un peu ! Afin de s’affranchir des incontournables mondanités, des poignets de mains de bienséance qu’il ne fallait surtout pas oublier.
Car aujourd’hui, grande réception au palais des connaissances : à l’Université !
Au programme, soutenance de thèse. Sujet : l’épectase.
Sans détour il convenait de cerner cette matière, la définir et convaincre une cohorte d’assesseurs avertis, formuler des orientations précises et scientifiquement fondées.
Le combat n’était pas gagné d’avance. Développé dans son dictionnaire de la musique –l’épectase avait été définie de façon fort nébuleuse par ce génie littéraire et scientifique qu’était Jean-Jacques ROUSSEAU – je cite «élément essentiel favorisant la substitution des expectorations viscérales et pulmonaires par des modulations diaphoniques dont seul les plus grands chanteurs d’opéra ont la maîtrise».
Ce flou préscientifique n’était-il pas rédhibitoire pour amorcer des recherches valables ? Le défi était de taille. Je m’y attelais sans faillir. Il convenait, tout en évoquant l’époque ou le savoir balbutiant s’autorisait les plus libérales hypothèses, se concilier les pouvoirs légitimes de nos académiciens, infléchir les consciences sans les heurter. Mais avant tout, produire un solide corpus de connaissance à l’heuristique féconde.
A mon secours, j’avais invité dans un débat élargi, aussi bien des référant issus de la biologie, des sciences médicales et de la biochimie moléculaire.
L’épectase devait se présenter en ultime analyse comme l’enzyme «favorisant les vibrations phonatoires par le biais de la formation protidique constituant les cordes vocales, intervenant dans l’émission des sons suraiguës».
Un axe de recherche saillant dans le champs de l’ornithologie établissait le lien et la connivence avec les parades nuptiales de certains oiseaux endémiques à la Nouvelle- Calédonie.
De manière plus inattendue, j’avais également mis en relief la pertinence de mes interprétations avec la mécanique ondulatoire du chant des baleines et du langage vibratoire des dauphins du lagon. Cette dernière théorie avait particulièrement attiré l’attention de la communauté scientifique. Ne faisait-elle pas le lien entre le règne du monde animal et celui des hommes ?
Au firmament de mes distinguées hypothèses, au fur et à mesure que je dévoilais devant cette docte assemblée les fruits de mes austères études, je mesurais l’ampleur du chemin parcouru. Entre le cristal et la fumée, se révélaient l’empreinte de mes maîtres et leur fertiles épaulements, un partage sans pareil : une formidable expérience humaine !
Épilogue : toute fiction littéraire mérite d’être dite, toute imposture scientifique mérite d’être dénoncée.

Alain LINCKER

RUPTURE par Alain

Classé dans : Non classé — joie55 @ 11:43

L’essence des fleurs, ou comment s’y brûler les ailes.

Le marchand de fleur est passé. Au début je trouvais ça bizarre qu’il passe toujours à minuit. A cette heure il aurait dû avoir fermé depuis longtemps boutique. D’ailleurs c’est ce qui m’a mis la puce à l’oreille. Au début je ne m’en faisais pas. Et toi, tu aimais les fleurs !
Mais maintenant plus de livraison à domicile ! Fini les roses à peine écloses et qui se réveillaient à la lueurs des bougies. Au début, je trouvais ça bizarre tous ces candélabres, toutes ces flammes autour de ton lit.
Maintenant, j’ai compris ! C’était pour donner du piment à tes orgies.
Les voisins, ils trouvaient ça bizarre. C’est eux qui m’en ont parlé d’abord et ont vendu la mèche. Car après le cinéma, ils croisaient bien souvent ce sacré fleuriste dans les escaliers. Encore au boulot à cette heure ? Vous habitez ici ?
Alors maintenant ça suffit ! Plus de fleurs à domicile. Car avec toi, j’en ai vu de toutes les couleurs. Des roses rouges, roses, jaunes et vertes, et même des fluos. Maintenant, c’est bien fini, ça suffit, je te quitte. Car maintenant j’en ai  assez ! C’est promis, juré, je change de métier… je me ferai… jardinier.

Alain LINCKER, septembre 2011

Jeux de mots savoureux par Alain

Classé dans : Non classé — joie55 @ 11:43

Avec la syllabe DÉ :

Débats débiles, ânes de bât, débats stériles, décisions subtiles. Que de bas débats à déplorer ici bas ! Que de bas ébats ces débats là ! Abattez ces bas débats ! A bas ces débats là ! Déballez tous ces ébats. Dételer tous nos états là ! Etaler ces débats là, désillusions que cet état ! Des bas, des hauts, des hauts-le-coeur, désodoriser toutes nos rancoeurs, en débats dociles, et en douceurs.
Désordre désordonnés, des ordres honorés désordonnés. Des ordres durs, des ordres qui durent, des ordures ; des ordres, encore des ordres ! Ordonner vos ordres désordonnés ! L’ordonnance de ces ordres désordonnés, déshonorent ces ordres à moi destinés. Dur déshonneur, ce désordre qui dure et dure encore. A vos ordres !… enfin tout est ordonné !
De débiles dédicaces, cases à dés. Des D en cases, déviances et déshonneurs imprimés, les D sont jetés. Jetons ces dés vers de débiles destinées. Bonne chance !
Déjuger, adjuger ! Des juges se déjugent en de débiles décisions. Dépravation des juges qui déjugent nos déplorables destinées. Développons ! Décidons, à des juges déments de désastreuses destinée. Délions nos destins dessinés. Déjugeons nos juges déshonorés. Ce n’est que justice après tout !

C’est décidé, pour se démettre de ces dés, dès demain soldez des dés. Débiles idées, ces dés soldés. Cédez ces dés soldés. Que cèdent ces dés soldés. Que décèdent ces dés soldés… sacrée destinée !

Alain LINCKER, septembre 2011

Sujet : Envoyez-vous une carte postale à vous-mêmes. Choisissez l’endroit et ce que vous aimeriez vous dire.

Classé dans : Non classé — joie55 @ 11:36

Je m’envoie une carte postale.
Facile à dire ! Je l’adresse à mon domicile… Mais à mon domicile n’y a personne puisque je n’y suis pas (comme me l’a fait justement remarquer mon voisin Diego).
Donc je peux l’adresser à personne, comme ça, cela ne vexera personne précisément. Et puis personne, c’est passe-partout. Ça peut partir de n’importe où et arriver à une destination dont le destinataire est indéfini, puisque c’est personne. Bien que Personne définissait bien une personne. Rappelez vous puisqu’Il s’est nommé ainsi quand il a voulu en mettre plein la vue, au géant. Rappelez vous celui qui voyageait beaucoup, en attendant que sa tendre épouse ait fini de filer sa quenouille (quenouille, d’ailleurs qu’elle filait à l’anglaise). Pendant que lui justement et également, il filait à l’anglaise, sous la laine de ses moutons. Et il n’était pas temps de les compter les moutons, car le polymorphe «n’a qu’un œil» il n’allait pas lui compter fleurette à Personne.
Donc cette carte partirait, comme c’est parti ! De Grèce bien sûr, pas de Belgique.

Jean-Jacques Marty, septembre 2011

Exercice du 23 mai : histoires communes

Classé dans : Non classé — joie55 @ 11:36

Chacun écrit une phrase, ce qu’il veut. Il fait ensuite passer à son voisin de droite qui écrit un phrase lui aussi. Le tout, fait une histoire. On récupère le texte avec sa phrase du début, on termine l’histoire et on lui donne un titre :

1/ Le monde n’est qu’odeur ! Du moins, depuis ma réincarnation en nez…. Néanmoins, je me targue d’être plutôt une visuelle, voire une voyeuse.
J’aime toucher, me frotter. Toutes les cellules de mon corps frissonnent. Et les couleurs éclatées envahissent mon front qui délire de fragrances visuelles extatiques.
Je dois être en transe, je me transporte dans divers lieux sans en avoir le contrôle. Cerveau embrumé, nez bouché, oreilles sifflantes, gorge nouée, je suis dans un autre univers.
Je détache alors le garrot de mon bras d’une main malhabile. Me vider de mon sang, ainsi, fait délirer les sens, et mon cerveau sans doute, frisait trop la syncope.
Mon retour sur terre me laisse finalement voyeuse : l’infirmier semble ne rien porter sous sa blouse !
Ainsi délivrée de toute pesanteur, je m’envole vers le ciel. Et là-haut, si j’ai de la chance, je serai réincarnée en main, et peut-être l’infirmier aura laissé la place à une infirmière… sur qui je pourrai expérimenter mon nouveau sens du toucher.

2/ Mes voisins devaient être, par principe – le mien – des gens charmants puisque j’habitais désormais Nouméa Sud.
Mais avec leur groupe électrogène qui tourne toute la nuit, je sens qu’à la longue, il va y avoir des morts.
Pour ne pas sombrer dans une agressivité de mauvais aloi, je me contentais, armé d’une pince coupante, de sectionner l’alimentation du quartier. J’attendais la nuit pour ramper sous la haie et taillader ce désagrément.
Mais la haie était touffue et hérissée de piquants coupants, ce qui fait que je la traversais complètement déchiré. Un horrible doute scientifique et électrique à la fois, me submergeait : y avait-il un avantage, raisonnable et sensé, de lacérer ma peau, friser l’électrocution, pour retrouver le vide d’un silence lourd à couper au couteau… ?
Me dégageant de la haie, je me retrouvais nu comme un ver ! Et j’aillais prendre un bain de minuit à la baie des Citrons, espérant y trouver une belle de nuit. Ne dit-on pas que l’espoir fait vivre ?
En fait de belle de nuit, ce fut évidemment la ronde de police qui m’embarqua dans son panier à salade et ma première nuit d’habitation des beaux quartiers se finit à Nouville, « en bonne compagnie ».

3/ Mais qui est ce personnage ? C’est notre guide ? Nous sommes mal partis ! Et tant qu’à être mal partis, autant arriver n’importe où ; c’est pourquoi, nous ne fîmes aucun projet et nous mimes en route, sans plus réfléchir.
Il monta dans un autocar aussi délabré que lui, il bégayait dans son micro, je ne compris rien à la destination. L’autocar bringuebalant se dirigea dans la direction du couchant. Evidemment, il était conduit par un noir.
La route, étroite, était moins vieille que le car et, heureusement, il faisait jour. Quand la nuit arriverait, je tremblerai, je le sais. M’enfoncer dans le noir, c’était me transformer….
Déjà, je sentais mes vêtements m’enserrer, ma gorge se crisper, mes mains se raidir…
Nous allons tous sombrer dans le précipice. Ce précipice que notre créateur a construit quelque part, sur la route de notre vie.
Mais c’était avoir oublié le début de l’histoire : le conducteur était un noir, noir sûr !
Lui aussi était un monstre, comme moi. Il avait déjà bien commencé sa métamorphose. Nous allions nous battre avant de tomber dans le sombre précipice…

4/ Françoise avait prévu de réagir, mais elle n’était pas sûre d’en avoir le courage. Elle était lasse d’être passive, ses sentiments devaient exploser au grand jour. De façon à être claire avec la personne qu’elle avait en face d’elle.
Elle se cala dans le fauteuil, espérant que le dossier lui donne du courage. C’était là, maintenant, qu’il fallait se livrer ; trop longtemps, trop souvent qu’elle s’était muselée. « Ecoute-moi… Pamela, ton mari te trompe ! »
Tous ces soupçons, c’était donc cela : il lui fallait agir. Il fallait qu’elle se reprenne, qu’elle comprenne que la vie, parfois, est cruelle et que peut-être, elle n’était pas complètement étrangère aux maux qui s’abattaient sur elle. Certes, c’était encore la réaction classique de la nénette qui culpabilise, mais après tout, elle décida de regarder la vérité en face, de voir enfin son mec tel qu’il avait toujours été : un homme à femmes, voilà ce qu’il était.
Mais peu importe quelles femmes, pourvu qu’il ne pense pas qu’elle était l’une d’entre elles !

5/ Elle vient à moi, décontractée, en passant par le sentie. Ce sentier sinueux, ne l’a pas gênée pour avancer dans la vie.
Comme elle dit souvent : on a le chemin qu’on veut suivre. Enfin, on essaye.
Si entière, si légère, philosophe facile, elle sait comme personne m’imposer ses convictions.
Quant à moi, mon chemin est cahoteux… Moi, je vais droit au but, mais il m’arrive de trébucher. Et chaque fois, je me relève, chute à nouveau, me relève encore et encore, jusqu’à l’épuisement. Alors, je m’affale sur le fameux chemin cahoteux dans l’espoir de devenir philosophe. Mais les théories ne viennent pas. Bon ! avant d’être philosophe, je serai procrastinateur professionnel. Mais n’est-ce pas cela en fait, être philosophe, se demander chaque jour ce à quoi tous ont cru répondre la veille ?
Mais avec elle dans mes bras, je ne peux que refaire le monde.

6/ Elle se grattait la tête et ne savait pas pourquoi. Mais moi, par contre, je le savais, et si… on m’avait gratté la cervelle jusqu’au tréfonds de la moelle. Mes synapses ne me joueraient pas des tours comme j’en ai subi. On m’appelle le maladroit de service.
Mais à force de gratter ma cervelle, elle avait atteint ma substantifique moelle et je la contemplais, assis devant le poêle. Je me décomposais en silence… qui faisait un bruit énorme, quoi le silence ? où le silence parfois peut être insupportable de bruit, ce doit être un délire ?
Pièce de bruit blanc, bruit électronique, casque sur la tête, je réfléchis. Est-ce l’abus de silence, de vide, de solitude… ? ou simplement peut-être l’invasion traître des poux de mes enfants… Ciel, mes enfants ! J’allais oublier de préparer le repas ! Et si je leur faisais une cervelle d’agneau au beurre noir ? Pourquoi noir et pourquoi pas blanc ? et elle se gratta la tête à nouveau…

7/ Nous étions dix, attablés dans la lumière tamisée, autour de quelques friandises . Thomas, le plus gourmand, se leva soudain et goba un gâteau. Goba était le terme, déguster, il ne connaissait pas. Certes, mais tout dépend de votre manque d’éducation, n’est-il pas ? Selon les civilisations, les codes ne sont pas les mêmes.
Gober ou déguster, peu importe, le principal était de se faire plaisir avec ces agapes sucrées. Ensuite, c’était de se remplir la panse. Et la panse remplie, de se penser aussi en écrivaillons lestes autour de nos mots crus, et de se savoir ouï, faire du savoir la geste qui nous mène à autrui.
J’avais plus d’inspiration la panse pleine, et je remplis ma feuille à crier les mots sur le papier. Crier est bien le mot, le ventre plein de maux qui me tordent les tripes et me font remonter la bile.
A me gaver ainsi, de victuailles, de mots, j’en ai jusqu’à la lie, et déjà le cœur gros… la nausée chérie… Pardonnez-moi, je fuis !

8/ Il se pourrait que cette phrase daigne atteindre le tréfonds des pensées, que j’avais autrefois, avant qu’elles ne s’en aillent. Il se pourrait aussi qu’elle survole, qu’elle m’effleure et ne laisse pour toute trace qu’un mot loin de mon cœur.
Et qu’alors, les mots s’envolent…
Il se pourrait qu’elle m’éborgne ou me laisse tout coi. Mais quoi qu’il arrive, elle restera la phrase qui en avait entrainé d’autres. Entrainé d’autres qui s’étaient crus aussi des écrivains et qui attendaient, en vain, leur jour de gloire. La gloire qui ne venait pas. La patience n’était pas leur fort. Et mon courroux… Ouh ! j’y mettais tout mon cœur pour réussir. Pour réussir en fait, à tout rater, mais bon, ce n’est pas mon jour de gloire.

9/ Au détour de la route, après la maison bleue, juste au numéro trois, il y avait du lilas. Elle habitait là, seule avec son chat. Ce chat, un énorme matou, adorait croquer les rats. Mais un jour, il rencontra malencontreusement la route d’Abdoul qui, comme on le sait, n’aimait les chats qu’en civet, en tant que survivant du dernier siège d’Abdelkader.
Il les cuisinait avec des épices de chez lui, les laissant mijoter pendant des heures. Tout le monde pensait à du lapin. Et l’animal aux longues oreilles, tapis au buisson de nos civets prévisibles, se frottait la truffe d’un origan fleuri. Il voyait, de son buisson, le chat mijoter et pensa qu’il l’avait échappé belle. Pour une échappée belle, en effet, elle était belle maintenant, cela dépend des goûts.
Une comptine lui revint, adapté au sujet, parlant d’une mère Michel…

11 septembre, 2011

Exercice du 6 septembre 2011

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:13

A partir d’une photo :

Exercice du 6 septembre 2011 jambes1-300x200

J’allais à notre rendez-vous quotidien, le cœur et les mains tremblants. Je savais qu’elle m’attendais déjà, au milieu de notre champ de coquelicots. Peut-être serait-elle endormie, un sourire aux lèvres, comme la dernière fois. Ou bien se cacherait-elle dans les hautes herbes, pour me surprendre dans un rire cristallin…
En tout cas, elle serait là, c’est sûr, pas un instant ne pensai qu’elle ne le fût pas.
Au fur et à mesure que j’avançais, mes jambes et mon cœur s’emballaient…
L’air était chaud et sentait la garrigue. Le blé était en herbe. Une chanson trottait dans ma tête : « comme un p’tit coquelicot, mon âme, comme un p’tit coquelicot nouveau ».
Encore cette colline à monter, et je la verrai… ou pas, selon son humeur.
Elle était belle et blonde, ses cheveux longs étaient de la même couleur que les ballots de paille. Un sourire éblouissant, des yeux candides, un corps souple et chaud, à damner un saint. Elle sentait la terre chaude et les herbes folles…
Au sommet de la colline, je ne vis que ses jambes dans le champ. Encore un de ses jeux…
Le sourire au lèvres, je me mis à crier son prénom. Elle ne broncha pas. Je savais qu’elle aimait que je la prie, que je la supplie. Je courus comme un fou pour la rejoindre…

Elle était nue, les yeux clos. Elle ne bougeait pas.
« A la place de son cœur, il y avait comme une fleur ».
Ses pieds étaient plantés dans des pieux.

Fabienne, septembre 2011
Moiteur étouffante d’un été torride qui commence. La prairie est touffue, ondoyante, abondante, en ce mois de juin.
Ensemble, toutes les graminées exhalent leurs parfums capiteux, excitants, enivrants.
Tellement enivrants que Marie s’est retrouvée couchée, les deux jambes en l’air, en toute innocence.

Jean-Jacques Marty, septembre 2011

Avec « liniment », un très joli quatrain de Jean-Louis :

Classé dans : Non classé — joie55 @ 5:18

L’iniment
(à la manière de Mallarmé)

L’imminent liniment de l’aliment dément
L’élément emmêlant des mes émoluements
Malmenant mollement les mollets des amants
« Aboli bibelot d’inanité sonore »

 

Jean-Louis Rousse, septembre 2011

3 septembre, 2011

La célibataire : la rencontre (par Jean-Louis)

Classé dans : Non classé — joie55 @ 8:41

(Lui pousse, un peu brutalement, une porte pleine, bousculant une jeune femme qui se trouvait derrière).

LUI : Oh ! Excusez-moi !
ELLE (choquée) : Vous pourriez faire un peu attention !
L : Si j’avais pu imaginer une aussi ravissante…
E : Ah non ! S’il vous plaît ! Pas le numéro de charme au premier coup…
L : Au premier coup de porte ? Mais tout le choc a été pour moi !
E : Vous en parlez aisément, vous qui avez failli m’aplatir le visage !
L : Laissez-moi réparer ma violence involontaire ; auriez-vous le temps de consommer ensemble…
E : Consommer, consommer, vous allez un peu vite en besogne. Et les préliminaires, qu’en faites-vous ?
L : Décidément, je les accumule aujourd’hui. Mais c’est de votre faute, aussi. Vous me faites perdre la tête.
E : C’est plutôt moi qui ai failli la perdre, d’un coup de porte. Mais je suis en avance sur mon rendez-vous. Si vous avez le temps d’une promenade au bord de la rivière, ce serait avec plaisir.
L : Et je me placerai du côté de l’eau. On ne sait jamais, je me sens si maladroit aujourd’hui.

Par Jean-Louis Rousse, septembre 2011

12
 

Du cours en stock: le franç... |
lavieenprose |
Cahier de Français |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | L'3nvers de la caverne
| ASSOCIATION CORAMBE
| ylds