Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

Bienvenue sur mon blog

19 juin, 2011

Bienvenue sur le blog de l’atelier du livre de la Maison de la Nouvelle-Calédonie !

Classé dans : Non classé — joie55 @ 11:55

Sur ce blog, seront mis les exercices des participants à cet atelier qui a commencé le 23 mai 2011, à la Maison Célières, à Nouméa.

Pour commencer, un texte de Diego, qui a gagné le premier prix du concours du Scifi Club, qui fêtait ses 25 ans (le Scifi Club, pas Diego !):

ÉCHANTILLONS

Tout avait été préparé depuis longtemps. Le lieu et l’heure choisis pour l’opération finale ne pouvaient mieux tomber : la Maison du Livre de la Nouvelle Calédonie, le jour de la signature de la convention avec le Sci-Fi Club. Nos sentinelles avaient réalisé le travail de façon remarquable. Depuis ce jour du 24 septembre 1853 (échelle de temps locale) où l’une d’entre elles s’était glissée parmi l’équipage du Phoque, le moindre endroit de ce groupe d’îles du pacifique (échelle d’espace locale) avait été infiltré par l’un des nôtres. Quelquefois notre faculté d’adaptation, nos dons de mimétisme avaient été pris en défaut, mais jamais on ne nous avait découverts. En fait la particularité de peuplement de ce territoire avait constitué un atout majeur : la grande variété de spécimens de la race humaine présents sur une si vaste étendue, dont on ne savait ou ne voulait savoir l’origine et l’identité exacte avait servi notre cause. Seuls Atahi 1878 et Machéloi 1983 avaient du être neutralisés, mais on avait réussi à déguiser leur rapatriement en règlements de comptes autochtones.
Ce samedi 21 mai 2011 (échelle de temps locale) allait voir aboutir notre projet. Des échantillons de chacun des principaux groupes humains étaient réunis. Certains tellement grimés et costumés pour la circonstance que même en cas de soupçon de dernière minute (échelle de coercition locale) rien ne nous empêcherait d’aller jusqu’au bout. Les fondations de la maison Célières avaient, sous couvert de travaux de restauration du patrimoine, été équipées de propulseurs quantiques. A onze heures la convention était signée, à onze heures douze la mise à feu fut amorcée, puis stoppée net.
Les quatre d’entre-nous présents sur place et qui devaient accompagner la mission et ramener les échantillons en bon état sur Zirca furent rapidement ceinturés et neutralisés. Empêchés d’avoir accès à leur forme zircaïenne pour s’enfuir, ils attendent qu’on statue sur leur sort à bord d’un bâtiment ultra secret de la marine (échelle militaire indigène) qui croise dans le lagon.
Le scénario complet de notre tentative d’infiltration et d’enlèvement avait été imaginé par un des échantillons retenus, dans le cadre du concours de nouvelles organisé ce jour-là. Il en avait aussitôt informé les autorités compétentes qui avaient rapidement fait le nécessaire. Des années (échelle de temps locale) de travail patient et obstiné anéantis d’un trait de stylo.
Nous n’aurions jamais du sous estimer le pouvoir de l’écriture !

Toujours de Diego (c’est le seul qui m’a envoyé des textes jusqu’à maintenant), un sandwich (un phrase qui commence, un autre qui finit sont données, à vous d’écrire le milieu :

LE GRAND JOUR

On ne m’a pas donné le choix. J’ai embarqué dans l’heure qui a suivi le verdict, sans aucun regard en arrière pour cette existence que je quittais pour toujours. Ce n’est qu’une fois dans le vaisseau, sanglé et harnaché devant le pupitre de commandes, en attendant la mise à feu, que j’ai fait le point sur ma vie passée. Né par hasard sur une planète que bien d’autres avant moi avaient souillée et dégradée, je n’y ai rien fait pendant mon court passage que de regretter cet état de choses, sans avoir la force ni le courage d’y rien changer. J’ai bien modestement et tout aussi efficacement contribué à y apporter ma touche individuelle. Qui pourrait me juger pour cela ?

C’est pour tout autre chose que j’ai été condamné puis banni. C’est pour avoir permis que le doute s’installe sur le bien fondé de la doctrine officielle. Comme on n’élimine plus, par souci d’efficacité plus que par principe, les individus qui défient la communauté, je dois partir, embarquer vers des espaces dont je ne percevrai jamais la fin. Faire que l’oubli bien plus efficacement que l’opprobre ou la vindicte efface la transgression.

La mise à feu est prévue à 17h50 heure locale. On a gardé le terme bien que plus aucune flamme ne s’échappe des tuyères depuis belle lurette. Les particules ionisées qui les ont remplacées troublent à peine les rayons lumineux qui les traversent, pendant ce si court instant où la masse de l’astronef atteint des sommets vertigineux, sa vitesse de nulle devient subluminique de si peu et que le transfert s’effectue. Le lourd et laborieux envol que les yeux et l’esprit pouvaient suivre jadis, et accompagner de leurs vœux même brefs a cédé la place à un tour de passe-passe, passant en une fraction de seconde de ce qui est à ce qui n’est plus qu’impression, et très vite oubli. Ainsi en ira-t-il de moi, qui laisse en arrière un temps qui va se contracter jusqu’à ne plus être tandis que celui à venir, très vite, va me sembler infini.

C’est bien en cela que le bannissement galactique est redoutablement efficace : en balayant d’une pichenette ce qui rattache l’individu à son existence antérieure on se garantit de tout retour en arrière. À ces vitesses-là la moindre velléité de faire demi-tour, même suivi d’effet, nous aurait ramenés au moins quelques centaines d’années après notre départ. Qui donc en aurait eu envie ?

Les souvenirs, la nostalgie, qui donnent l’illusion de retrouver un passé perdu peuvent être un grain de sable dans la marche inexorable de la machine qui nous broie. Mais revenir pour ne rien retrouver ça n’est pas revenir et c’est ce qui fait la force du système. Peut être que c’est déjà arrivé, et que la chose nous a été cachée, mais je n’ai jamais entendu parler de quelqu’un qui serait revenu.

J’ai pensé à toutes ces choses et à bien d’autres encore avant la mise à feu. Puis le noir est venu et maintenant je me réveille, engourdi. D’après les instruments cela fait vingt quatre heures que je suis parti, un jour et une nuit, si le jour et la nuit signifient encore quelque chose sans astre que moi-même autour duquel tourner. J’ai du parcourir près de 26 milliards de kilomètres. C’est énorme et ça n’est rien. Rien car quelque soit ma vitesse jamais je ne quitterai la Voie Lactée de mon vivant.

Tout à bord est prévu pour assurer ma survie biologique, puisque nous ne tuons plus par punition ou par vengeance. Mais je sais que je m’éteindrai bien avant les limites de mon propre corps. Je mourrai d’ennui et de vide intérieur dans l’immensité du vide interstellaire. Vide pour œil, vide pour dent, telle est la nouvelle loi raffinée du Talion.

En attendant je regarde le jour se lever sur l’écran du simulateur circadien ; un jour qui n’a de réalité que pour moi seul, réglé sur mes cycles biologiques, mais dont l’observation alternée avec celle d’une nuit tout aussi artificielle me permettra de ne pas craquer trop tôt. Il faut bien que toute cette technologie soit rentabilisée, même si personne n’en saura jamais rien.

Le jour ne fait que commencer, mais la journée est loin d’être finie.

14 juin, 2011

Bonjour tout le monde !

Classé dans : Non classé — joie55 @ 10:22

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