Atelier d’écriture de la Maison du livre NC

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17 octobre, 2017

Atelier d’écriture du 16 octobre 2017

Classé dans : Non classé — joie55 @ 5:48

DEVOIR : « Le conte du pourquoi »
Pourquoi les fils électriques s’emmêlent-ils toujours même quand on ne les touche pas ?

fils

Fil à retordre

La matrice cuprifère dormait, belle et monstrueuse. Pour les siècles des siècles, sans même mesure du temps, elle serait à jamais pure matière et pur esprit. L‘unique, l’élément qui ferait le tout. La nuit finissant, ses rêves avaient tout construit. L’aube venait de son expansion illimitée, de son réveil joyeux. La mère transmettrait sa puissante énergie au monde. Le premier fluide était la lumière, le deuxième la matière, le troisième son verbe, son sens. Peu après l’illumination initiale elle s’enorgueillit de sa dilatation, prête à l’épanouissement de sa substance. Elle prit alors solennellement la parole : « mes fils,  vrombit-elle,  vous transmettrez au Cosmos l’énergie qui alimentera la matière et le savoir qui l’informera de son avenir… Mes innombrables fils, je vous veux tous égaux vers toutes les directions. Chacun, vous serez le conducteur. On vous nommera les âmes. Vous pénètrerez tout jusqu’à et par delà la Vie. »
Cette progéniture infinie de tiges cylindriques avait la couleur cuivrée de la génitrice arachnéenne. Leur éclat métallique irradiait. Leur maman cuprique était fière. Pouvait-elle savoir que les Moires gardaient et regardaient, l’une tissant, l’autre réparant, la dernière tranchant.
Combien de temps a pu durer leur voyage vers la terre ? Milliards d’années pour nous, secondes pour les fils. Pour favoriser notre planète, le concept de la génitrice était simple. Dans le froid stratosphérique, transformer le cuivre en cuprate au contact de l’air. De conducteurs, les fils deviendraient supraconducteurs, un mille-feuille en couches de cuivre et d’oxygène, appétissant, d’innombrables savoirs circulant à des vitesses pharamineuses.
Mais, comme le ver dans le fruit, il était dans l’atmosphère terrestre un agent perturbateur, un composant terrible, un dictateur prodigieux. Cette matière minérale avait un nom de code : Ag 47.  Dès l’arrivée des fils elle s’amalgama en eux d’autorité. Une douleur électrique ahurissante surprit le cœur des fils. Un élancement funeste les fit se tordre et se détordre en billons de spires. Se distordre, s’entortiller ne fit rien à l’affaire. Le mal était fait. L’ARGENT les avait embobinés.
Depuis, au fond de nos boites à outils,  les fils électriques se souviennent de ce métissage tortueux. Ce n’est pas de leur faute si les habitants de la planète bleue ont choisi de tresser des couronnes au despote argentique. Je suis presque sûr que sur Vénus les fils ne se mélangent pas. Ou alors aux filles d’Aphrodite !
Bertrand P.

C’est Monsieur Câble qui, comme son nom l’indique, inventa le premier câble électrique. Tout d’abord, tout le monde s’extasia et s’accorda à dire que cette invention était parfaite. C’est donc en toute logique qu’il en créa un deuxième qu’il mit proprement à côté du premier puis, satisfait d’avoir accompli une si belle et utile chose, sortit cinq minutes boire un café. Lorsqu’il revint, ses câbles étaient tellement emmêlés qu’il lui fallut toute une nuit pour les démêler. Il s’arracha le peu de cheveux qu’il lui restait et inventa par la même occasion toute une kyrielle de gros mots tous aussi pittoresques et suggestifs les uns que les autres.
Au bout de dix câbles, son appartement ressemblait à une jungle inextricable.
Il répéta donc plusieurs fois l’expérience et s’aperçut que les fils s’emmêlaient uniquement lorsqu’on ne les regardait pas. Il constata également qu’il lui était impossible de rester à surveiller ses câbles 24h/24 car, dans ce cas-là, il ne pourrait plus boire ni manger ni faire ses besoins ou même faire l’amour à sa petite copine. En scientifique qu’il était, il inventa donc une nouvelle propriété : les câbles ne PEUVENT que s’emmêler, quoi qu’on y fasse. Ainsi, il proposa à tous les utilisateurs plusieurs solutions :
1°/ Exterminer tous les câbles
2°/ Ne jamais utiliser plus d’un câble à la fois
3°/ Partir trois ans au Tibet et devenir grand maître de la Sagesse
4°/ Accepter cet état de fait…
… Ce qu’il fit.
Fabienne


Exercice
 : Ecrire chacun des mots suivants sur un morceau de papier, le plier, indiquer s’il s’agit de la liste 1 (noms) ou 2 (adjectifs).
Les participants piochent 2 papiers n° 1 puis un n° 2 et écrivent un texte.
1 – Un réverbère – une cafetière – un journal – un ordinateur – une chaussure – un arrosoir
2 – mélancolique – colérique – jaloux – timide – vantard – cruel

 Arrosoir-ordi

L’arrosoir vantard et l’ordinateur cruel

 

Prosper était, selon lui, le plus bel arrosoir de tout le comté. En fer blanc, recouvert d’une étincelante peinture vert anis, il était en harmonie complète avec la nature. Il était tellement fier lorsque, tous les soirs, le vieil Isidore, le jardinier du château, le remplissait pour arroser les parterres de fleurs ! Lorsqu’Isidore le rentrait ensuite dans la remise, il n’arrêter pas de se vanter auprès de tous les outils de jardinage.
-       Moi, je suis indispensable à la vie des plantes. Sans moi, elles risquent de mourir. Vous comprenez, ce n’est pas comme vous qui, certes, êtes utiles mais pas indispensables : si Isidore ne se sert pas de toi, dit-il à la pioche, pour piocher un peu ou de toi pour bêcher, il n’y aura pas de danger, juste un peu de désordre dans le jardin. Tandis que MOI, si je n’arrose pas les plantes, tout le jardin risque de disparaitre. Sans compter que MOI, je suis au service des propriétaires depuis plus de cent ans !! Vous vous rendez compte, alors que vous, vous êtes fragiles, j’ai à peine le temps de faire votre connaissance que vous vous cassez et qu’il faut vous jeter…
Evidemment les outils de jardinage en avaient plus que marre de ce vantard d’arrosoir. Un jour, Isidore ne vint pas. Il y avait plus de cinquante ans qu’il travaillait pour le château et il s’éteignit en silence, comme une fleur qui se fane.
Son remplaçant, un jeune homme, était fou d’informatique. Il proposa donc un gestion plus rationnelle de l’eau et des moyens aux propriétaires qui applaudirent ce jardinier si inventif. Ils mirent donc à sa disposition un ordinateur portable qui devait récolter toutes les données avant de tout informatiser. Quand un matin, Prosper fit, à son habitude, une ode à sa propre gloire, l’ordinateur ricana. Le deuxième jour, Prosper se vanta également. Alors, l’ordinateur qui n’en pouvait plus de ce vieil arrosoir et qui, en outre était très cruel, lui annonça tout de go :
-       Vas-y vante toi, et profites-en bien, car demain, tu seras au rebut, ou pire, à la décharge. Grâce à moi, le jardin sera doté d’un système de goutte à goutte qui va permettre d’économiser l’eau et d’arroser les plantes en continu. Je vais également en profiter pour te percer… Ah ! Ah ! Ah !
Prosper était effondré lorsqu’il vit les conduites d’eau lui percer le fond. Comme l’avait prédit l’ordinateur, il se retrouva bien vite à la décharge.
Heureusement, des bohémiens vinrent à passer et leur petite fille trouva cet arrosoir bien joli. Elle y planta des géraniums et le suspendit à la roulotte. Tout le monde s’extasiait de voir un si bel arrosoir transformé en pot de fleur, mais l’arrosoir, échaudé, restait bouche bée et ne se vanta plus jamais !
Fabienne

Exercice : Quand il ouvrit son courrier ce matin-là, une lettre attira tout de suite son attention…

lettre

Quand il ouvrit son courrier ce matin-là, une lettre attira tout de suite son attention… Son nom et l’adresse du commissariat étaient tapés à la machine. Le papier était de très bonne qualité. Elle dégageait, en outre un léger parfum de tabac blond. L’inspecteur Montes déchira vivement l’enveloppe et s’aperçut que le texte était découpé dans les titres des journaux. C’était une lettre anonyme. Une lettre anonyme de l’Enchanteur, le serial killer, qui depuis deux mois, mettait en émoi toute la ville. Déjà cinq victimes avaient été retrouvées mortes, étranglées. Toutes des femmes, entre vingt et quarante ans, blondes. Les femmes n’osaient plus sortir seules dès que la nuit était tombée. Le standard croulait sous les appels, chacun étant persuadé que le tueur vivait dans leur immeuble.
« Dépêchez-vous Inspecteur, sinon vous ne pourrez pas sauver la prochaine. Je l’ai déjà choisie… Je sais qu’elle m’atend ».
C’était nouveau ça, de prévenir avant de tuer ; ça voulait dire qu’il avait franchi un pas et qu’il pensait être très intelligent, plus en tout cas que ces débiles de policiers, se dit l’Inspecteur Montes. Puis il remarqua la faute d’orthographe. Il n’y avait qu’un seul T à attend. Il sut alors tout de suite qui était le tueur.
Fabienne

11 octobre, 2017

Atelier d’écriture du 9 octobre 2107

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:07

DEVOIR : 5 mots

Piscine – parasol – glace – électeur – sacoche

IMG_2809

Dialogue citoyen modèle

- Comment vas-tu, chéri ? Es-tu bien installé ? Tu vois, vieux dégoutant, nous avons bien fait de mettre le vieux canapé en toile près de la piscine. Celui-là tu peux le tacher sans problèmes. Veux-tu que je déplace un peu le parasol ? J’ai peur que tu prennes un coup de soleil sur le coup de pied. Tu sais bien que tu ne peux pas faire la sieste sur le ventre. tu vas faire culbuto.
- Merci bien, mon tendron chéri. Une petite glace citron meringué et ce serait le bonheur intégral. Intégral ! Tiens, cela me fait penser à notre merveilleux séjour de vacances de l’an dernier. Ce club naturiste, le domaine de la Chandellalaire, près de la Petite Motte, était le plus cool et même le plus chaud que j’ai connu.
- Oui, je sais. Les copines m’ont raconté. Il paraît qu’au bord de la piscine, le biscuit était un peu ramolli, même si tu ne peux plus voir ce que je veux dire. Probablement l’humidité ambiante! Il est  vrai que j’avais oublié, bien malgré moi, crois-le bien, de mettre tes pilules bleues dans ta sacoche de toilette.
- Tu pourrais me laisser tranquillement m’alanguir au beau milieu de mes souvenirs.
- Au lieu de te prélasser, tu ferais mieux de penser à remplir ton devoir !
- Mais, douce chérie… Qu’est-ce que tu me jaspines ? Cela ne pourrait pas attendre ce soir ?
- Non, non, non, mon gros chéri. Pas ce devoir-là. Tu ne te souviens pas ? C’est aujourd’hui dimanche,  jour de présidentielle. Tu as déjà raté le premier tour (comme avec moi, d’ailleurs !). J’ai posé ta carte d’électeur sur la table basse.
- Pour ça non ! Je n’irai pas !
- Tu ne vas pas rester allongé au lieu de VOTER ?
- Oh si ! mais, crois moi, à la première occasion, je serai debout pour GUEULER !
Bertrand

 

pool

Je travaille dans un pool, mais ne traduisez pas par piscine, avec parasol, transat et petit cocktail ou énorme glace. Mon pool à moi, je le déteste. On est plus de vingt filles, de vingt à quarante ans, à travailler là, toutes ensembles, pour les listes électorales. On doit appeler tous les électeurs, un par un pour mettre à jour nos données et il y en a plus d’un million trois cent mille, alors, le chômage, ce n’est pas pour tout de suite. Certes, je déteste ce pool, bruyant et harassant, mais je déteste encore plus notre petit chef de service, Albert Pignon. Petit, le cheveu gras et rare, la lippe pendante, les yeux fouineurs, le menton fuyant et la bedaine proéminente, il n’a rien d’un Don Juan. Et pourtant !!! Il nous pince les fesses dès qu’il le peut, il louche sur nos seins, nous humilie constamment et nous fait du chantage à l’augmentation. Je ne vous décris pas la peur qui nous tord le ventre quand l’une d’entre nous est convoquée dans son bureau. Chaque fois qu’une nouvelle est embauchée, il ne la quitte pas d’un pouce jusqu’à ce qu’il soit remis à sa place. Mais ça, on ne le fait pas souvent et vraiment dans les cas extrêmes car nous avons peur de perdre notre travail… Et par les temps qui courent, c’est déjà bien d’en avoir un. Quand il s’en prend à l’une de nous, toutes les autres baissent la tête et se taisent, soulagées, au fond de ne pas être « l’élue du jour ». Cette vie ne peut plus durer pour moi… Je n’en ai jamais parlé à mon mari, j’ai peur de sa réaction, ou peut-être pire : qu’il ne me croit pas. Alors, j’ai décidé d’agir avec mes trois meilleures copines : Lulu, Mimi et Josiane. Nous nous sommes cotisées et nous avons acheté un magnétophone. Nous l’avons mis dans une petite sacoche et chacune de nous le prend tour à tour pour enregistrer les propositions malhonnêtes de ce malotru. Nous avons supporté ses sévices pendant plus d’un mois pour avoir suffisamment d’enregistrements afin que plus personne ne puisse douter de ses intentions. Puis, nous avons passé la bande à la cantine de la mairie, un midi. Au début, il y avait du brouhaha, puis peu à peu, un grand silence s’est installé. Au fur et à mesure que la bande défilait, Albert devenait de plus en plus rouge, puis a quitté la salle en courant, poursuivis par les autres hommes, dont certains étaient mariés avec mes collègues. Ils étaient prêts à le rouer de coup mais n’ont pas pu, hélas ! le rattraper. Désormais, Pignon a été « muté » aux archives, il y est tout seul et ne peut plus faire de mal. C’est une femme qui l’a remplacé dans notre service et maintenant, nous n’avons pas à nous plaindre de harcèlement sexuel, mais de là à dire que la vie est bien meilleure…
Fabienne

 

Exercice : Finir sa vie de matelas dans un fourré, il ne l’avait jamais imaginé, lui, le pure laine à mémoire de forme et ressorts enchâssés. Pourtant, depuis cette nuit il s’y trouvait, en compagnie d’un tas de gravats et d’un vélo rouillé.
Déjà ses acariens le quittaient…

matelas

-       Aïe !!! Hé, le Mérinos, tu me fais mal !!!
Il ne savait pas d’où venait cette voix et sursauta. C’était lui qu’on appelait Mérinos ?
-       Mais qui donc me parle ?
-       C’est moi, le vélo en-dessous, on t’a jeté sur moi !!!
A ces mots, Mérinos eut la larme au bord des ressorts. Lui, le pure laine à mémoire de forme et ressorts enchâssés. On l’avait jeté là, comme un vulgaire mousse troué.
-       Ça va aller, t’inquiète. C’est sûr qu’au début, il y a de quoi avoir un petit coup de mou, mais après, tu verras, on s’y fait. La vie est belle ici, sauf quand il pleut. Au fait, je me présente, tout le monde m’appelle Eddy Merckx
-       Monsieur Merckx, nous ne fréquentons peut-être pas le même monde…
-       Oh ! Dis donc, pas besoin de faire ta pimbêche, ici, on est tous à la même enseigne…
Le matelas craqua et s’affaissa d’un coup… Il n’en pouvait plus, alors, contrairement à son habitude, il raconta sa vie. Il avait fidèlement servi et accueilli à leur naissance plusieurs générations de De Lassey. Il avait d’ailleurs discrètement participé mais de façon essentielle à leur création, et tout ça pour finir dans une décharge sauvage !
-       Tu sais, Mérinos, ici, on se serre les coudes entre potes, et appelle-moi Eddy…
-       Eddy, vous vous rendez compte, même mes acariens me quittent.
-       Tous les acariens, toutes les acariennes vont chanter, vont danser sur le violon, se mit à fredonner, hilare le vélo…
-       Je vous interdis de vous moquer de moi…
-       Mais je ne me moque pas, Mérinos ! Que veux-tu, moi, je vois toujours la vie du bon côté…. D’ailleurs, regarde, tu vas encore servir… Eddy montra du guidon quelque chose à Mérinos qui étira ses ressorts pour voir. Sur sa toile, un couple d’hirondelles commençait à faire leur nid.
Fabienne

 

Exercice : Elle habitait au 21, rue de la Pluie…

21

Elle habitait au 21, rue de la Pluie, un appartement sombre et humide. Elle n’était pas heureuse, sauf certains soirs… Des soirs où elle se vengeait de cette triste vie de misère et de solitude. Dans ces cas-là, elle entrait dans un bar. Il y avait toujours un type plus soûl que les autres qui ne voyait pas ses yeux emplis de haine, les plis durs aux coins de sa bouche. Alors, il l’invitait à boire un verre qu’elle ne touchait même pas. Lui, continuait de s’enivrer. Puis, bras dessus, bras dessous, ils s’en allaient. Il riait, savourant déjà cette victoire si facile et les plaisirs qui en découleraient. Elle, impassible, commençait à sortir le couteau qu’elle cachait dans les grandes poches de son manteau. Il y avait toujours un endroit plus sombre. C’est à ce moment-là qu’elle frappait. Tous ces hommes la regardaient, et on lisait au fond de leurs yeux leur incompréhension, comme une question : pourquoi ?
Elle haïssait les hommes qui avait tant fait souffrir sa mère qu’elle en était morte. Tous ! Ils étaient tous des ordures…

Le Commissaire Maigret, satisfait, alluma sa pipe. Il avait rondement mené cette enquête qui, pourtant, dès le départ semblait bien compliquée et grâce à sa perspicacité il avait pu arrêter celle qui terrorisait la ville. D’ailleurs, qui aurait pensé que cette frêle jeune fille pût être un assassin ?
Une horde de journalistes, micros tendus, l’attendait devant le commissariat du 5ème. Alors, solennel, il s’avança et, parodiant un certain Henri-Georges Clouzot, il déclara : « l’assassin habite au 21 !!! »
Fabienne

8 octobre, 2017

Atelier du 2 octobre 2017

Classé dans : Non classé — joie55 @ 7:24

DEVOIR : Ecrire un texte avec le plus d’expressions contenant une partie du corps humain et qui commence par
« J’étais en train de prendre mon pied… »

pied

Corps humain

J’étais en train de prendre mon pied, enfin d’essayer !  Onan soit qui mal y pense. C’était celui qui n’avait pas trouvé de chaussure. On a le droit d’être gauche. Le petit gong m’annonçant un nouveau courriel me fit stopper net. Il fallait reprendre les choses en main.
Bon, ravi d’apprendre que Fabienne avait remis le doigt dans l’engrenage du Web.  Cependant un « pes contritum » provoque chez moi mal de crâne et bile noire (mélancolie si vous préférez). Je jetais donc sur le message un œil critique sinon mauvais. Qu’avait-il bien pu passer par la tête de Fafa ? Habituellement elle l’a sur les épaules mais avait-elle un coup dans le nez ? Proposer à un membre génial (moi, ego à chevilles oedématiées purement virtuel) un sujet sur les parties du corps humain peut être ambigu. Mais son propos restait singulier, banal à vous rester sur l’estomac. Rien qui ne provoque chez moi un frémissement à fleur de peau, me faire venir l’eau à la bouche encore moins l’envie de me faire suer la cervelle. A manger du bout des lèvres.
En y réfléchissant, je me suis dit que j’étais une vieille barbe. Cela lui tenait sans doute à cœur, même en plein déménagement ! Je pourrais sans me mettre à genoux, mettre la main à la pâte. Vous me connaissez, un poil dans la main. J’ai les côtes en long. Un effort Bébert ! Je n’allais pas rester les bras croisés ni les baisser (c’est l’un ou l’autre, j’ai essayé).
Et puis, qu’allaient dire les bonnes âmes de l’Atelier ? (ADLMDL où est resté un morceau de mon cœur, disons les  oreillettes)  Que je n’avais rien dans le ventre, me mettre en joue, en faire des gorges chaudes ? Allais-je tenter quelque chose, à mon corps défendant ? Arrêtons de nous tourner les pouces.
Si j’avais les épaules larges, avec un peu d’huile de coude, sans que cela me coûte un bras mais à la force du poignet, je tournerais quelques phrases en un tournemain, soignées jusqu’au bout des ongles. Alors, ne me prendraient-ils pas pour un membre supérieur ? Outrés, ne me mettraient-ils pas à l’index ?
Néanmoins avec des si ! Je sais bien que je ne sors pas de la cuisse de Jupiter, que je suis vite sur les rotules, que je ne vous arrive pas à la cheville et que l’originalité est mon talon d’Achille. Et encore que je ne me mouche pas du pied. Alors, vont-ils me déclarer membre inférieur ? Cela me ferait une belle jambe (facile, mais je sais pas tenir ma langue !).
Alors, je renonce, je passe la main tout en mettant les pouces (pas facile non plus, j’ai tenté). Je ne dirais rien sur les parties. Je sais. Fabienne va faire les gros yeux, me tirer les oreilles. (je le sens d’ici). Je vais perdre la face.
Rassurez-vous, ne vous faîtes pas un sang d’encre (pour les écrivains c’est pourtant nécessaire). Je m’en remettrais en un clin d’œil.
PS : pour ce devoir, j’ai l’impression d’avoir baisé le cul de la vieille.
Bertrand

Autopsie

J’étais en train de prendre mon pied quand je m’aperçus que les murs avaient des oreilles. Ma sœur, que je pensais être endormie sur ses deux oreilles, venait de bailler à s’en décrocher la mâchoire. Si je l’entendais, elle pouvait donc m’entendre. Voulant en avoir le cœur net, je décidais d’aller lui tirer les vers du nez. J’ouvrais avec précaution la porte de sa chambre et je restais bouche bée. Elle était allongée, visiblement profondément ennuyée, tandis que Michel, son petit-ami, gigotait au-dessus d’elle. Elle me fit un petit signe m’indiquant de quitter les lieux, suivi d’un clin d’œil. Totalement estomaquée, je restais figée encore quelques secondes avant de me reprendre en main et de fermer la porte. Quelques minutes plus tard, ma sœur entra dans ma chambre à pas de loup :
-        Qu’est-ce qu’il est nul au lit ! A croire qu’il n’a pas les yeux en face des trous !
-        Eh bien, ce n’est pas faute de t’avoir prévenue, il est bête comme ses pieds, répondis-je.
-        C’est vrai, mais il a le cœur sur la main…
-        Oui et il t’obéit au doigt et à l’œil, alors !
-        Tout le monde à son talon d’Achille, lui s’est son ignorance que veux-tu. Bon, inutile de couper les cheveux en quatre, comme tu m’as prise la main dans le sac et que je ne veux pas que Michel me passe la bague au doigt, je propose que l’on se serre les coudes. Tu ne me dénonces pas aux parents et moi pareil.
Je réfléchis quelques minutes à la proposition de ma sœur, son acte était tout de même bien plus répréhensible que le mien. Ma sœur n’avait pas toujours la tête sur les épaules, pourtant, je ne me voyais pas lui imposer le supplice du mariage. Devant mon silence, je la vis me faire les yeux doux.
-        Marché conclu ! articulais-je
-        Oh, tu es la meilleure des sœurs ! répondit-elle la bouche en cœur.
Claire

J’étais en train de prendre mon pied avec ce type que j’avais ramené sur un coup de tête à la maison. Habituellement, j’ai plutôt la tête sur les épaules et évite les fiers à bras, le genre de ceux qui roulent des épaules, qui n’ont pas leur langue dans leur poche, qui se regardent le nombril. Tout ça me prend la tête et si je n’ai jamais trouvé chaussure à mon pied, maintenant, je préfère ceux qui restent bouche bée, qui ne desserrent pas les dents ; ça me convient parfaitement. Je déteste ceux qui restent là les bras croisés à discuter de tout et de rien, à couper un cheveu en quatre, à se regarder dans le blanc des yeux. Non, rien de tout cela, ma conquête mettait du cœur à l’ouvrage. Il se donnait à sa tâche corps et âme et n’avait pas un poil dans la main. Certes, il était bête comme ses pieds, mais, à son corps défendant, on peut dire, sans vouloir être vulgaire, qu’il se cassait le cul pour me faire plaisir. Je le voyais serrer les dents quand il m’obéissait au doigt et à l’œil. Même s’il en avait plein le dos, il ne se plaignait jamais. Je le menais par le bout du nez et il était à genou devant moi quand je riais à gorge déployée. Après cette « prestation » qui m’avait coupé les bras et les jambes, j’avais les jambes en coton et l’estomac dans les talons. Pendant que je prenais un petit en-cas, le monsieur me fit un clin d’œil et un signe de la main, puis carrément sur les rotules, prit ses jambes à son cou en murmurant un faible « à bientôt », du bout des lèvres. Je le regardai de la tête aux pieds, en sachant bien que loin des yeux, loin du cœur. Et je fais un pied de nez à toutes les mauvaises langues qui vous diront que je n’ai pas de cœur.

Je vois bien votre petit sourire au coin des lèvres, vous devez vous dire que je suis complètement mytho et que cette histoire n’a ni queue ni tête… Et vous aurez bien raison !
Fabienne
Exercice : Ecrire une histoire à partir de cette photo de Vivian Maier
Consigne :  texte humoristique

Vivian Maier

ça fait des plombes que j’attends là, sur ce trottoir… Mais qu’est-ce qu’il fait ? Oui, je sais, j’ai fait beaucoup de bêtises et je n’ai pas vraiment écouté et peut-être qu’il ne veut plus me voir, mais que voulez-vous, il fallait bien que je vive ma vie, que j’explore le monde, que je fasse mes expériences…  Certes, elles n’ont pas été toutes été bénéfiques, certaines ont même été limite catastrophiques, mais je m’en suis toujours sorti… Et je pourrais encore partir à l’aventure… Non, non, il faut que j’oublie ça, maintenant, je vais être un bon fils… ça y est, le voilà mon papa qui m’appelle :
-       Ah ! Pinochio, mon fils…
Fabienne
- Ouah ! Que c’est beau ! S’exclama Viviane.
- Moi, ça ne m’inspire pas. On en le pense pas en train de prendre son pied, bougonna Alexandre. Il a juste les doigts de pied en éventail…
- Certes, il y a quelques problèmes de proportions sur la stature.
- Hum, ça lui fait une belle jambe !
- Roh, c’est de l’art moderne !
- Plus abstrait, je dirai.
- Mais non, l’art abstrait, c’est par exemple, un plat de spagetthis !
- Techniquement, c’est la consistance de ses guibolles…
- Ah ! Tu me fais chier !
- Oui, ben, sois heureuse de le pouvoir, parce que lui, si son rectum est fait comme ses membres postérieurs, j’espère qu’il n’a pas une diarrhée prononcée !
- Calme, Alex, calme…
- Non ! Pas « calme » ! Tu ne penses qu’à toi, Ô grand nombril de la Terre ! Un peu de considération et de respect pour les handicapés, quoi !
Loup

 

Exercice : Deux boites aux lettres habitant le même immeuble discutent de leurs propriétaires respectifs.

BAL

Bonsoir, Madame de Sévigné,
Bonsoir, cher ami,
Voilà le discours que tenait,
Deux boites aux lettres accomplies.

L’une appartenait
à une grande épistolière,
L’autre à un employé
Embauché au ministère.

L’une était bien chargée :
Les lettres, elle les amassait !
L’autre était sollicitée :
Sa vie était plus tracts et publicités.

Elles parlaient de tout et de rien :
Des ragots donnés et reçus,
De la peinture du voisin,
Quelquefois même d’histoires de cocus !

Elles menaient un vie paisible.
Y’avait franchement plus terrible.
Elles adoraient paresser
Et au soleil bronzer.

Certaines personnes les ennuyaient
Comme les Témoins de Jéovah.
Ces indésirés,
On en avait jusque là !

Mais ce genre de cas est rare
à notre époque informatique
Où les mails sont une tare.
Oui, je préfère la méthode rustique.

Que renaisse le temps des belles lettrines
Des lettres légères comme la mousseline
J’espère que la belle calligraphie
N’est pas tombée dans l’oubli !

Conclusion : la correspondance
Est comme une danse :
Changeante, instable, à son apogée,
Puis, à la fin, souvent délaissée.
Loup

-       Rien, toujours rien… ça fait plus d’un mois que je n’ai rien reçu, quand je pense que la pauvre de l’appartement 15 est littéralement engorgé de courrier.
-       J’ai entendu dire que ses propriétaires sont partis en vacances depuis un bon moment déjà. Quand je pense qu’ils se plaignent constamment de la vie chère, et des impôts qui augmentent et du pouvoir d’achat qui diminue… Tu sais, si ça se trouve, ce n’est que de la pub qu’ils ont reçu… Et puis, ne regrette pas de ne pas avoir de courrier, tu sais bien que depuis un bon moment déjà, ce n’était que des factures que tu recevais… Et ta propriétaire a dû demander à recevoir tout ça par email.
-       Ne m’en parle pas, les mails et les sms, c’est notre mort lente à nous… Bientôt nous ne serons plus que de vieux vestiges à mettre à la poubelle au pire, dans un musée d’objets anciens au mieux, au même titre que les magnétoscopes et les walkmen. Quand je pense qu’il y a encore quelques années, je recevais des lettres d’amour et des cartes postales du monde entier, que j’adorais lire. Et puis, quand je vois tous ces pauvres facteurs qui se transforment en garde-malades, ça me rend triste. Les gens n’écrivent plus…
-       Eh bien, oui, que veux-tu, il faut vivre avec son temps et c’est pour ça j’ai décidé de devenir une BAL
-       Une quoi ???
-        Enfin !! une BAL sur internet !
Fabienne

1 octobre, 2017

Atelier du 25 septembre 2017

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:27

Exercice : écrire un texte sur cette photo de Irving Penn (« the Butchers »)

Irving-Penn

Jean et Jacques étaient frères… des frères ennemis et malheureusement pour eux, siamois. Leur enfance n’avait été qu’une longue querelle. Quand Jean voulait aller à droite, Jacques partait vers la gauche. Quand Jacques avançait, Jean reculait. Quand Jean souriait, Jacques faisait la tête et quand Jean avait sommeil, Jacques voulait faire la fête. Ils n’étaient d’accord sur rien. Leur vie était un enfer et ils devaient absolument trouver un consensus sous peine de suicide collectif, à deux. Après une journée particulièrement difficile, et alors qu’ils ne marchaient même pas du même, ils se disputèrent tellement fort que Jean sortit le couteau qu’il avait dans la poche et menaça son frère qui fit un écart. Le couteau se planta malencontreusement dans le poumon droit d’une jeune femme qui faisait gentiment le trottoir. Cela calma net les deux belligérants. Ils regardèrent, hébétés la fille se vider de son sang et là, tous deux ressentirent un bien-être incroyable. Pour la première fois de leur vie, ils étaient en accord. Ils se regardèrent et se sourirent. Effrayés tout de même par leur forfait, ils prirent leurs quatre jambes à leurs deux cous. Ils ne furent jamais soupçonnés de ce crime. Mais bientôt, l’appel du sang devint si impérieux qu’ils durent tuer à nouveau. Ils décidèrent de tuer d’abord leurs parents, responsables de leur handicap ; ça leur apprendrait. Malheureusement, ce jour-là, ils portaient leurs chemises préférées, blanche pour Jean et noire pour Jacques, qui furent gâchées. Alors pour effectuer proprement leur besogne, ils décidèrent de s’acheter des tabliers de bouchers et purent ainsi massacrer à tout va, mais proprement.
Fabienne

Ils étaient toujours contents, les deux frères bouchers. Depuis plus de vingt ans qu’ils attendaient ça, enfin, ces deux frères siamois étaient décollés l’un de l’autre, même si les médecins n’avaient pu sauver qu’un bras, l’autre du côté de leur tronc collés était mort, leur réputation ne faillait pas. Ils travaillaient toujours ensemble sur les carcasses pour découper de bons morceaux de viande. Quel que soit l’animal, porc, bœuf, mouton, volaille, leurs découpes étaient toujours impeccables pour présenter de belles portions, fines ou grosses selon le choix du client. Leurs parents étaient fiers d’eux. Il est vrai qu’ils avaient beaucoup profité de leurs jumeaux siamois  comme attraction dans leur boutique.
Les deux frangins étaient encore plus heureux maintenant. Ils pouvaient enfin sortir avec les sœurs siamoises de la boutique des fruits et légumes d’en face, elles aussi décollées récemment. Pour elles, les médecins n’avaient malheureusement pas pu sauver leur sein du côté de leur troncs collés. Les deux frères s’en foutaient car ils n’avaient chacun qu’une main valide. Quand ils trainaient tous les quatre ensemble, on les appelait « les bandits manchots et les Amazones ».
Arnaud

Exercice : deux oreillers s’aimaient d’amour tendre, lorsqu’un polochon fit son apparition…

oreiller

Oreiller droit et oreiller gauche vivaient heureux depuis presque quatre ans. Oreiller gauche soutenait la tête d’une splendide jeune femme tandis qu’oreiller droit recevait celle d’un beau jeune homme. Ils étaient si amoureux que quelquefois gauche et droit se mélangeaient et ne faisaient plus qu’un. Ils étaient si joyeux que parfois, pour chahuter, ils faisaient des bagarres où toutes les plumes volaient. Ah ! Quels bons moments ils avaient eu… Jusqu’au soir où oreiller droit resta vide. Une nuit, puis deux… Oreiller gauche pleurait. Oreiller droit vint se poser dessus, pour absorber tout ce chagrin. Ils étaient tristes mais à nouveau réunis… Oreiller gauche versait des larmes tous les soirs et oreiller droit, lassé resta désormais dans son coin. Un soir, une sorte de vilain boudin fit son apparition, c’était polochon. De mauvaise qualité, vulgaire et vaniteux, polochon entreprit de séduire oreiller gauche, qui, au départ, répondit à ses avances. Il y avait longtemps qu’oreiller gauche ne s’était pas senti si vivant. Mais cette amourette ne fut qu’un feu de paille et bien vite, oreiller gauche jeta polochon par terre, regrettant à tout jamais oreiller droit.
Fabienne

Ils étaient toujours beaux les deux oreillers , côte à côte sur la couche, recouvert de la même parure de lit. Ils s’aimaient tendrement, se caressaient discrètement leurs coins. L’un était en plume, l’autre en mousse, mais nul ne savait lequel était la femme ou l’homme. Peu importait d’ailleurs, même s’ils étaient du même sexe, leur idylle était belle à voir.
Oui, mais voilà, leur maitresse, enceinte, n’arrivait plus à dormir complètement allongée, alors elle leur ajouta un polochon. Même si ce dernier était en-dessous d’eux, les deux oreillers sentaient bien qu’il prenait de plus en plus de place. Il ne se gênait pas pour faire de l’ombre à leur amour, il insistait pour leur caresser l’arrière. Au début de cette relation à trois non consentie, les deux oreillers n’en pouvaient plus. Or, petit à petit, Plume se mit à apprécier le contact avec Polochon. Elle était discrète sur ce qu’elle ressentait. Un beau jour, Plume se décolla de Mousse pour se lover tendrement au creux de Polochon. Mousse en fut déconfit et aplati.
Arnaud


Exercice
 : et pour se détendre et faire travailler sa matière grise, quelques devinettes

devinettes

 Je suis une ville sans immeuble et un aéroport sans avion, qui suis-je ?
Un plan

Je parle toutes les langues et j’ai toujours la tête à l’envers, qui suis-je ?
Un stylo

J’ai 5 doigts mais pas d’os ni de chair, qui suis-je ?
Un gant

Quelle est la moitié de 2 + 2 ?
3 car la moitié de 2 = 1 + 2 = 3

Mieux que dieu
Pire que le diable
Les pauvres en ont
Les riches en ont besoin
Si on en mange, on en meurt, qui suis-je ?
Rien (rien n’est mieux que Dieu, pire que le diable. Les pauvres n’ont rien, les riches n’ont besoin de rien et si on ne mange rien, on meurt !).

Ôtez-moi une lettre, ôtez-m‘en deux, ôtez moi toutes les lettes, je reste toujours le même, qui suis-je ?
Le facteur

Au ciel je suis une, sur la terre 2, qui suis-je ?
La lettre  » e  »

Drôle d’aliment : pour me manger, on doit m’enlever l’extérieur, cuire mon intérieur, manger mon extérieur et jeter mon intérieur, qui suis-je ?
Du maïs

30 septembre, 2017

Atelier du 18 septembre 2017

Classé dans : Non classé — joie55 @ 9:10

DEVOIR : demain, j’arrête !!!
Avec au moins 2 expressions « caldoches »

fête

Demain j’arrête la cigarette
La topette, de faire la fête
Ça plaira à la vieille

Demain j’arrête de faire l’enfant
De me prendre pour un Don Juan
Ça plaira à la vieille

Demain je vais être sérieux
Demain je serai un Monsieur
Ça plaira à la vieille

Mais c’est sûr que je vais pas y arriver
Parce que moi, j’aime bien me marrer
Atcha ! Tout ça c’est pas pour moi
Et lôngin, tant pis pour la vieille !

La vieille, elle est barrée,
M’a laissé tombé.
Maintenant, C’est « casse pas la tête »
Chaque jour est une fête
Et tant pis pour la vieille !
Fabienne

Demain, j’arrête !

Boulette, ou quoi ?
Vous oui ? Tant mieux. Passeque moi, non ! Je suis marré. Demain j’arrête.
Ma petite entreprise, rien qu’à moi, c’est un fin joli nakamal. Situé dans une pente abrupte qui domine Ste Marie (priez pour moi !), il dégringole en plusieurs terrasses arborées comme dirait un copain à Nénesse qu’a fait décoration extérieure. Des bancs et des tables en tek vous attendent dans une semi-obscurité sous un ciel étoilé. Fin poète le mec. Des fleurs partout en toutes saisons, c’est ce qui plait aux meufs. En fait quand les nanas viennent, les gars suivent ! Marre de ces nakamals  terre battue pour bourreurs de poules qui sortent tout juste du Camp Est. L’autre jour un enculé de Zor m’a fait la remarque : « c’est con ce Camp Est situé à l’ouest de Nouméa ! ». L’avait même pas compris, cet empété, que c’était à l’est de l’Ile Nou.
En fait, question nakamal, je connais faire. Le meilleur kava de la place. Direct d’Efaté, par une ancienne pilotine, petit bateau gros la cale, qu’a racheté Nénesse. Y s’occupe de tout jusqu’à mon garage, mon con. Accostage à Hienghène, coutume avec les « autorités locales ». Après y suffit de rouler à la douille jusqu’à Païta. Cubarder dans le fossé, même pas peur quand il mouille la boulette (au volant de Boulette Ma Woiture). De toute façon, son beau frère est gabelou. Y se fera pas dégomater.
En plus du kava, y a toujours un peu de kaï-kaï. Ca, c’est le boulot de la copine du moment. J’vous donne pas son prénom, j’m’en souviens plus. Mais carry la malabar se débrouillait drôlement mieux que bami pattes jaunes et encore bien mieux que bougna la ponoche. Saucisse purée, la blonde a duré deux jours. En ce moment c’est Poé. On est fin lovés avec la tahipouète. Radio cocotier a vite fait savoir que c’était la plus belle fille de Nouméa Sud.
Tout ça c’est bien beau, fin valab, mais depuis une semaine y a problèm ! Mon client commissaire, d’habitude un pète claquettes qu’a l’air de rien avoir dans le coco, m’a pris à part. Y m’a parlé mauvais. Oh ! Pas à cause des rouleurs de nems. Ils arrivent avec des pleins pochons d’herbes aromatiques des îles. Colombo, y sait aussi que je vends pas d’alcool, même pas de Number One, encore moins de bouteille carrée, sauf ma réserve personnelle. Les mecs qui sont fin canard dans la nuit, c’est qu’ils ont amené leurs propres provisions. Non, le coup d’ouest il a été causé par  quelques pourris qui ont dealé chez moi une poudre autre que la mienne. Plus blanche que blanche, si vous voyez ce que je veux pas dire. Y a deux nuits, sans rien me dire, ils avaient rallié le bétail. Un arrivage super ! Résultat, cette nuit là, trois consommateurs ont dévalé la pente et atterri sur la toit en tôle du voisin. Joli bruit dans le quartier ! Fin fâché, mon con, vu qu’il a été réveillé trois fois. Une fois par les corps en dérive (pas tous en même temps !). Une fois par les pompiers venus ramasser les ordures. Enfin par les flics au petit matin. Il attend la douane et la police scientifique. « Laisse taleur, m’a dit Nénesse, y vont pas nous faire au con. J’ai quelques copains Wallis, on va t’arranger ça. »
Ahou, pas dire, ça va être la guerre ! C’est la mort du petit commerce.
Demain j’arrête… Ou après-demain. !
Tcha !
Bertrand P.

 

Exercice : Dans la peau d’un sorcier, sorcière ou magicienne

sorcière

Je n’avais pas beaucoup étudié quand j’étais à l’école des sorcières, alors, j’étais une sorcière de seconde zone… Du coup, je ne savais pas faire grand-chose, mais quand j’ai pris mon envol et que j’ai eu mon premier appart, j’ai tout de suite vu l’avantage d’être une sorcière grâce au feuilleton « Ma sorcière bien-aimée » : tu remues un peu le nez (en trompette) et en cinq minutes, tu fais d’une porcherie, un appartement propre comme un sou neuf, douillet et accueillant… la fatigue en moins. Sûr que je n’y suis pas arrivée tout de suite et qu’il a fallu que je bûche sacrément en autodidacte. Après, j’ai voulu voir si j’avais des dons pour la sorcellerie parce que je trouvais ça trop top de transformer un mec qui t’a laissée tomber en grenouille ou de faire pousser un bouton juste sur le nez de la fille qui fait baver tous les garçons…
J’achetais des vieux grimoires dans des endroits mal famés et je m’entrainais sur ma petite chienne… La pauvre !! Je me souviens qu’un jour, par erreur, je lui ai fait une tête de chat… Ce que je ne savais pas, c’est que la sorcellerie n’est pas une affaire d’amateur et qu’on ne peut pas faire n’importe quoi. Un jour, alors que j’essayais de me venger d’une copine qui s’était moqué de moi, en la rendant cul de jatte, une lettre est tombée du plafond, comme par magie… C’était une convocation devant le « Grand Ordre de la Sorcellerie ». Et j’y ai été jugée… Jugée immature, stupide, dangereuse et complétement irresponsable, la magie étant, évidemment une affaire sérieuse. On a dit que je faisais honte à la corporation. Alors, on m’a enlevé tous les pouvoirs que j’avais. C’est pour ça que j’ai trimé pour écrire ce texte idiot.
Fabienne


Exercice
 : Je me souviens….

Ecrire l’instantané d’un souvenir qui vous a marqué. Avec le plus de détails possibles (bruits, odeurs, couleurs…)

perdu

Je me souviens de cet après-midi de décembre, ensoleillé et lumineux. Nous étions en vacances en France chez une amie qui habitait la banlieue parisienne. Sa fille et mon fils avaient tous deux cinq ans, il y a de cela plus de vingt-cinq ans. Morgan et Soizic, las d’écouter les grandes personnes décidèrent de faire un tour de vélo autour du pâté de maisons. Nous n’y vîmes pas là quelque chose de dangereux et leur donnâmes la permission de sortir. Un quart d’heure plus tard, Soizic revenait, en pleurs, elle avait perdu Morgan. Nous avons tout de suite pensé qu’il était tout près et qu’il s’était caché pour lui faire peur, mais nous dûmes vite nous rendre à l’évidence. Morgan avait bel et bien disparu. L’angoisse m’envahit, une angoisse terrible qui m’empêchait de respirer. Nous avons parcouru toutes les rues du quartier, puis nous nous sommes éloignés… Toutes ces maisons se ressemblaient. Je me demandais comment on pouvait habiter dans ce genre d’endroit où il est si facile de se tromper de maison… Au fur et à mesure que j’avançais, tout se brouillait, je pleurais, m’attendant déjà au pire. Le soir tombait, j’imaginais Morgan, seul, perdu… et j’étais encore plus inquiète.
Et puis, loin, très loin, j’ai vu une petite tache rouge. Morgan avait un anorak rouge. Alors, j’ai couru comme une folle vers cette petite tache. J’ai hurlé son nom. Il s’est retourné, son petit visage reflétait une immense peur. Il a laissé tomber son vélo et s’est précipité vers moi. Je l’ai serré si fort dans mes bras que j’aurais pu le casser, mais pour une fois, il se laissait faire, je respirais son odeur. Je l’ai embrassé, ses joues étaient toutes mouillées, il pleurait, de joie, comme moi.
Fabienne

En décembre 2010, coincé dans les bouchons, dans la voiture de mon père, à côté de l’école d’escrime, je pensais à la récente mort de Jacques Lafleur et au fait que l’année avait filé bien vite. J’écoutais du Sean Paul à la radio, en sentant et tripotant mes frites Mc Do (que je mangeais, par ailleurs). Je me concentrais sur le goût salé dans ma bouche, puis j’examinais le noir de l’intérieur de mes paupières closes…
Loup

Atelier d’écriture du 4 septembre 2017

Classé dans : Non classé — joie55 @ 9:09

DEVOIR : un sandwich
La visite dura vingt minutes… à l’intérieur d’un corridor sombre.

Vous devez, en outre, incorporer au minimum 4 mots sur les 7 :
Normal – poli – en retard – sandwich – cachette secrète – silhouette – église


enfants

La visite dura vingt minutes, pas une de plus. Puis, tous ces messieurs en costume et chapeau reprirent vite l’ascenseur qui montait vers le soleil.
Ils étaient venus pour les nouvelles lois qui, soi-disant, allaient protéger les enfants. Mais ils nous avaient à peine vus, ne nous avaient pas parlé. Alors, comment sauraient-ils ? Comment sauraient-ils le travail harassant, commencé à cinq heures, dans la nuit et le froid piquant du petit matin. Ces heures interminables à pousser les lourds chariots. Il fallait toujours faire très attention pour qu’ils ne nous roulent pas dessus. Et puis, les retours, à la nuit aussi, où nous marchions en file indienne, comme des morts-vivants, tant la fatigue nous tenait. Quelquefois, il nous était même impossible de nous laver ni de manger ; le sommeil s’abattait sur nous et nous prenait en un instant.
Alors, comment pourraient-ils savoir tout cela, ces messieurs, si propres, si bien habillés ? Et puis, pour être poli, ce n’était pas des lois dont nous avions besoin, c’était de la santé et de la chance : la santé pour travailler dans cet enfer et la chance pour ne pas y rester.
A l’école, j’avais appris à lire et à compter, le minimum. Comme mes parents étaient pauvres, j’avais été obligé de travailler. J’avais neuf ans et ça faisait déjà deux ans que je travaillais dans la mine. De douze à quatorze heures par jour, six jours sur sept, parce que bien sûr, le dimanche, on allait à l’église. Et faut pas croire qu’on avait un traitement de faveur. Au contraire, pas question d’arriver en retard. En plus, comme on était petit et mince, on pouvait se faufiler partout où les autres n’allaient pas, se glisser dans les galeries les plus étroites. Je crois que les seuls plus malheureux que nous étaient les chevaux : quand ils descendaient dans le puits, ils ne revoyaient plus la lumière du soleil, on ne les remontait que morts.
Eté comme hiver, il faisait une chaleur infernale dans les boyaux. Nous travaillions presque nus, le corps malingre ruisselant de coulées de charbon noirâtres, les yeux rougis, peu habitués à la lumière du jour. On ne savait pas de quoi on souffrait le plus, la faim ou la fatigue. Pour manger, nous n’avions que deux tartines de pain dur, recouvertes de saindoux, une sorte de sandwich qu’on appelait le « briquet ». La peur, en revanche, était toujours là. Quelquefois, tapie au fond de nous comme une compagne : la peur constante de se blesser, de ne plus pouvoir donner le maigre mais indispensable salaire à la mère, d’être à jamais inutile. Quelquefois, la peur incontrôlable, comme un animal sauvage du coup de grisou.
Je savais ce que c’était, j’avais eu une alerte, l’année dernière. Je m’en étais sorti, mais mon compagnon, mon fidèle ami, le petit Marcel n’avait pas eu de chance. Il y était resté. Il venait d’avoir huit ans… Dès que j’avais vu la lumière des bougies qui vacillait, je m’étais jeté à corps perdu dans le premier passage que j’avais vu, à l’intérieur d’un corridor sombre.
Fabienne

La visite dura vingt minutes. Une durée classique pour ce type de consultation semestrielle. « Tout est normal », nasilla dans sa moustache le praticien plus tout jeune, lui non plus. Ces courts poils grisonnants devaient probablement camoufler une lointaine cicatrice de correction de bec de lièvre. A mon avis, mais je peux me tromper comme on dit trop communément, ce handicap jamais totalement surmonté devait expliquer sa hargne permanente. Avec moi, il restait poli. Mais l’infirmière au décolleté trop généreux et trop démonstratif pour son âge, en prenait plein la poire. Toujours en retard, ce couple improbable examinait une quinzaine de handicapés du cœur en une matinée stakhanoviste. L’un ou l’autre recevait-il les félicitations platoniques du soviet suprême de cet hôpital stalinien où j’avais été « opéré » deux ans auparavant ? Ce bâtiment datant des années cinquante ressemblait à une grande église avec une étrange tour qui le dominait. Au dernier étage se situait le bureau du directeur, une cloche lui aussi, qui donnait le bourdon à tout le personnel.

En sortant de cet édifice peu édifiant, mon malaise s’était amplifié. Non pas par le fait d’avoir été traité comme un vieux sandwich au beurre ranci. Après tout c’était l’usage pour tous les patients ou presque. On déroulait le tapis rouge seulement pour le sénateur Le Sagittaire. Une fois, en voyant sa lourde silhouette s’extirper de sa limousine de fonction, j’avais été heureux d’apprendre que les plus gros corps de l’Etat pouvaient être équipés des mêmes prothèses que moi. Mais, cette fois-ci, il y avait quelque chose de nouveau. Le docteur à postiche avait sorti d’une cachette secrète une mallette métallique dont l’ouverture avait claqué de manière lugubre. Avec moult précautions, il en avait sorti un appareil à cadrans dont la noirceur ne me disait rien qui vaille. Sans un mot d’explication, le moustachu cynique en avait plaqué la face rugueuse sur mon thorax, en dedans de l’épaule gauche. Après quelques longues minutes cela avait fait comme un déclic. A voir la satisfaction narquoise sur la face du morticole, je sus qu’il s’était passé quelque chose de terrible. Engoncé dans un respect suranné et surtout mort de trouille dans l’ignorance complète de ce que l’on m’avait fait, j’avais fui comme un pestiféré pour regagner au plus vite mon gourbi solitaire.

Maintenant, il va falloir que j’aille sur Internet pour voir et vérifier. Mais je n’ose pas. Que ferais-je si c’était vrai ? A vous je peux le dire : je pense qu’ils ont introduit dans l’appareil prothétique un dispositif de surveillance et de commande à distance. « Vous en avez pour cinq ans de tranquillité », m’avaient-ils claironné après m’avoir « implanté ce PACE » comme ils disent. Comment vivre en paix avec lui maintenant ? Tenez, je ressens des irrégularités, des à-coups, des palpitations, des sueurs froides. Et s’ils décidaient de le régler à 300 battements/minute ou encore de l’arrêter ? Et si un hacker bloquait tous les stimulateurs de ce modèle pour faire du chantage ? De quel résogiciel vais-je faire partie, qui saura tout de mon corps ? Je sens que je m’engage à l’intérieur d’un corridor sombre.
Bertrand P.

La visite dura vingt minutes, et pourtant elle lui sembla durer une éternité. Pour commencer, la personne avant elle était arrivée en retard, ce qui eut le don de l’agacer, alors qu’elle avait déjà les nerfs en pelote. La ponctualité, tu connais ?!!! Elle afficha néanmoins un sourire poli quand la secrétaire vint la chercher pour lui annoncer qu’on allait la recevoir. Elle entra dans une pièce couleur crème, au style minimaliste, et s’assit en face d’un homme à l’air avenant, la bonne cinquantaine, les cheveux poivre et sel coupés courts. Ce n’était pas son premier rendez-vous avec lui, mais elle ne pouvait s’empêcher de stresser, surtout quand elle pensait à ce qu’elle attendait de la visite d’aujourd’hui. Préoccupée, elle entendit à peine ce qu’il lui disait, elle avait hâte d’en finir avec les formalités d’usage. Au bout de quelques minutes, ils se levèrent et l’homme la dirigea vers une autre pièce. Enfin, ils allaient passer aux choses sérieuses ! Elle soupira de soulagement quand il lui dit, après un long moment de silence : « Tout a l’air normal. » Puis il ajouta, avec un petit sourire en coin : « C’est parti pour l’exploration ! » Elle retint sa respiration et fixa son regard sur l’écran de surveillance. Soudain, elle poussa un cri de surprise en apercevant la petite silhouette à l’intérieur d’un corridor sombre.
Meryl

 

Exercice : portraits croisés
Diviser une feuille en 2. Sur la première colonne, faire une fiche d’un personnage humain. Dans la 2ème un personnage imaginaire ou historique. Il doit y avoir un personnage masculin et un personnage féminin. 
Mettre les feuilles pliées sur la table, puis chaque participant pioche une feuille et écrit une histoire avec ces 2 personnages.

carabosse

La petite quarantaine, assez grand, un visage carré toujours mal rasé, Charles Porcheron était un homme ordinaire. Il aimait tellement les vacances qu’il était devenu prof, prof d’histoire exactement. Il adorait les petites histoires de la grande Histoire, avec un H majuscule. Devant ses élèves, il essayait de faire revivre Jules César, Louis XIV ou Napoléon avec leurs soucis, leurs joies ou leurs préoccupations humaines. Certains élèves écoutaient, bouche bée la traversée du Rubicon, les fêtes libertines à Versailles ou la préparation de la bataille d’Austerlitz, d’autres se mettaient en mode « sommeil » et il n’y avait rien à en tirer.
Pour se reposer de ses dures semaines, Charles partait avec son petit bateau sur un ilot désert tous les week-end, à partir du vendredi midi car il n’avait pas cours l’après-midi. Là, seul, au calme, il pêchait un peu, mais la plupart du temps, il rêvait.
Ce vendredi-là, juste avant d’accoster sur la rive, il vit une silhouette noire sur l’ile. Il eut presque envie de faire demi-tour, mais finalement, il jeta l’ancre et s’approcha de la plage. C’était une vieille femme aux cheveux blancs, bossue lui sembla-il. Lorsqu’elle tourna sa tête vers lui, il eut un sursaut de recul. Sur son nez crochu trônait une verrue et lorsqu’elle lui sourit, sa bouche édentée ne laissa voir qu’une seule incisive.
Elle était vraiment repoussante et Charles dut faire un effort pour lui rendre son sourire.
D’un air avenant et d’une voix douce, elle se présenta :
-       Bonjour, je suis la Fée Carabosse
Charles n’en revenait pas. Il venait de rencontrer une sorcière !!! Peut-être allait-elle lui jeter un sort et le transformer en crapaud. Il regarda à gauche, puis à droite, mais personne pour lui venir éventuellement en aide. De sa voix, toujours aussi douce et calme, elle continua :
-       Je pensais que cet ilot était désert. Pardonnez-moi de vous avoir effrayé. Si je suis là c’est uniquement pour venir en aide aux peuples des mers qui sont en train de mourir à cause de la pollution et de la surpêche.
Charles ouvrit des yeux ronds, il ne savait pas que les sorcières étaient écolos.
Elle commença à lui expliquer qu’elle était en quelque sorte la gardienne des espèces en voie de disparition. Elle lui dit également qu’elle avait plus de 500 ans et que le sort d’une fée jalouse d’elle l’avait rendue si repoussante. Au coin du feu, ils partagèrent un repas frugal. Charles s’endormit.
Lorsqu’il se réveilla, le soleil était déjà haut dans le ciel. Il était seul. Il se dit que la veille, il avait dû rêver. Pourtant, il se souvenait très bien de la vieille femme, il entendait encore le discours qu’elle lui avait tenu de sa voix si douce. Dans le ciel, il entendit un cri et leva les yeux. Un aigle tourna trois fois autour de lui, comme pour le saluer, puis disparut dans le ciel. Il venait de décider que le combat de la fée Carabosse serait désormais le sien. C’était étrange comme il se sentait bien.
Fabienne

 

29 août, 2017

Atelier d’écriture du 28 août 2017

Classé dans : Non classé — joie55 @ 3:24

DEVOIR : La voix qu’elle entendit derrière elle lui glaça le sang.

Insérez cette phrase dans un texte qui, en outre, devra comprendre :
-       Un instrument de musique
-       Un instrument de cuisine
-       Le titre d’une chanson
-       Un proverbe

 PEUR

La voix qu’elle entendit derrière elle lui glaça le sang. Alors qu’elle était assise au restaurant, cette voix lui murmura, au creux de l’oreille :
-       Rira bien qui rira le dernier.
C’était ce qu’il disait tout le temps. Pourtant, il était mort et bien mort, de cela, elle en était absolument sûre puisque c’était elle qui l’avait tué.
Ils avaient passé plus de cinq ans ensemble et avaient connu les plus folles aventures, du temple d’Angkor au sommet de l’Everest, des pyramides de Gizeh à la grande muraille de Chine, de la baie d’Along à l’acropole d’Athènes.
Elle avait adoré l’été indien qu’ils avaient passé à San-Francisco, l’année dernière, tout comme elle avait aimé cet hiver dans le nord du Canada, l’année d’avant.
Ils étaient inséparables, elle ne pouvait vivre sans lui, sans John.
Pourtant, elle l’avait tué, … Elle venait de s’apercevoir qu’il occupait toute sa vie, qu’il n’y avait plus de place pour autre chose… Alors elle n’avait pas eu le choix, il devait mourir. Et c’est ce qu’elle avait fait. Dans son dernier best-seller, John, son héros était mort. Depuis, elle se sentait un peu seule, mais libre. Libre d’écrire ce qu’elle voulait, maintenant… Mais, elle n’avait rien écrit, elle avait la tête comme un moulin à café. Ses lecteurs, d’ailleurs lui avaient envoyé des milliers de lettres pour déplorer la mort de ce si fantastique agent secret. Certaines même étaient très virulentes… Peut-être que les trompettes de la renommée risquaient de se taire à tout jamais pour elle… Alors, quand elle entendit la voix de John dans ce restaurant, elle fut effrayée et surprise dans un premier temps, mais ensuite, elle se leva et partit. Elle savait ce qui lui restait à faire.
Fabienne

 

Après une dure journée  enfermée au bureau, Romane avait besoin de se dégourdir les jambes et de chasser ses idées moroses. Voilà déjà plus d’une heure qu’elle déambulait dans les ruelles de son quartier parisien, s’attardant parfois sur la vitrine d’une boutique, suivant du regard un chien vagabond. C’était l’hiver et les lueurs des réverbères trouaient déjà une nuit noire. Son attention fut soudain  attirée par le chant douloureux d’un violon. Les notes grêles semblaient venir d’une rue avoisinante. Intriguée, elle s’approcha. Elle était presque arrivée au niveau du violoniste quand la voix qu’elle entendit derrière elle  lui glaça le sang.  C’était une voix à la fois faible et rocailleuse entrecoupée d’une respiration haletante, puis, soudain un long gémissement la fit se retourner d’un bloc. Elle eut juste le temps de tendre les bras  pour amortir la chute d’un homme âgé qu’elle ne reconnut pas de prime abord. Pris d’un profond malaise, il s’était quasiment effondré à ses pieds. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir  qu’il s’agissait de Monsieur Paul, le concierge de l’immeuble où elle travaillait depuis six ans déjà. Effarée, elle tata son pouls. Le cœur battait mais comme au ralenti.  Elle tapota ses joues blêmes sans résultat. Alors, sans plus réfléchir elle s’empara de la casserole pleine d’eau destinée au chien du violoniste et en aspergea la tête du malheureux concierge. Le choc de l’eau froide sur son visage  le ranima. Peu à peu  il entrouvrit un œil et sembla reconnaître Romane. Tout tremblant il marmonna :   merci, grand merci ! Il reprenait des couleurs et après avoir respiré profondément, il put s’asseoir sur le bord du trottoir puis, parvint à se lever.
« Comme d’habitude, j’ai encore du oublier mes pilules pour le cœur. Un jour ça finira par m’être fatal ! Pourtant je le sais, mais il n’y a rien à faire, j’oublie toujours !  Avec le temps, ma mémoire fout le camp, mon médecin m’a bien mis en garde mais comme on dit il est plus facile de conseiller que de faire ! Romane, soulagée de constater  qu’il allait mieux, décida de raccompagner le vieil homme jusqu’à son domicile et  c’est donc ensemble qu’ils partirent tous deux, leurs pas lents résonnant  sur la chaussée humide.Cette mésaventure connut donc une fin heureuse car désormais ils n’étaient plus l’un pour l’autre des inconnus et Romane pris l’habitude de passer souvent le saluer à la sortie du bureau.
Patricia

Exercice : Ecrire une histoire sur cette oeuvre de Cyril Rolando, peintre numérique surréaliste

Cyril Rolando-arbre fantasy

 

Sur l’arbre d’amour fleurissaient toutes les lettres d’amour envoyées dans le monde entier. Mary en était la gardienne. Elle l’avait planté, il y avait une éternité, alors que ce n’était encore qu’une jeune pousse. Et l’arbre avait grandi. Son tronc était devenu large et épais, ses branches fortes et vigoureuses. Les lettres d’amour s’amoncelaient par milliers et faisaient de l’ombre à tout le peuple des lutins.
Et puis un jour, une lettre s’était détachée, emportée par un vent de colère… Puis une autre et une autre encore… Le tronc s’était vrillé. Alors Mary s’était inquiétée. Cela voulait dire les hommes ne s’aimaient plus, que la haine et l’intolérance dominaient. Et le jour où la dernière lettre tomberait, cela signifierait qu’il n’y aurait plus assez d’amour pour sauver le monde et ce serait la fin.
Fabienne

Il était 18 heures, l’obscurité comme un voile léger et paisible, gagnait peu à peu la campagne. L’arbre au vers tendres avait encore accompli sa mission. Mieux il travaillait et plus ses ramifications s’étendaient, s’étendaient…
C’était à présent un arbre majestueux dont les rimes aériennes voletaient de branches en branches. Tout au long de la journée, seuls les moineaux indiscrets pouvaient se délecter des doux messages mais à la tombée du jour, tous pépiaient de concert pour annoncer solennellement qu’il allait être l’heure tant attendue.
Ils arrivaient alors  par familles, les plus grands aidant les plus petits en leur lisant méthodiquement le contenu de leur message personnel en prenant soin de bien articuler. Ils étaient si nombreux et pourtant chacun repartait avec son précieux butin, s’imprégnant lentement des paroles symboliques délivrées par l’arbre magique. Dans leurs mains fébriles, tous tenaient avec précaution  la poésie du jour, ce sésame  qui les guiderait jusqu’au prochain crépuscule.
Patricia

Un grand écrivain, non par sa taille mais par son talent, reconnu par des milliers de lecteurs, a peut-être vu l’image de l’arbre touffu de feuilles de papier en guise de feuilles, entouré de personnages, lors d’un sombre crépuscule. Mais que retenir du bouquin et de cette image ? Certes, le dessin est beau, mais tous le deux ne sont que de l’abstrait ; ça ne s’est jamais vu un arbre avec des feuilles de papier et même si je ne me balade plus trop dans la nature, je connais les arbres, je sais ce que c’est. Selon les espèces, les feuilles sont de différentes formes, mais en aucun cas, elles ne sont en papier. Il a fumé quoi, l’infographiste ? Léo, sort de cette image !
Qu’il y ait des gens autour pour l’admirer ou s’en inspirer, pourquoi pas ? Mais eux aussi sont dérangés. Cet arbre me fait peur avec son tronc vrillé. J’ai peur de l’imaginaire, de l’avenir… L’auteur aurait pu ajouté un dernier personnage : un pendu à une branche avec ma gueule !
Arnaud

Exercice : Qu’est-ce que j’ai pu faire hier soir ? (chanson de Joe Dassin)

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Mais qu’est-ce que j’ai pu faire hier soir
Aucun souvenir, un grand trou de mémoire.
J’ai peut-être abusé du vin blanc
Et c’est le grand néant.

J’espère que je n’ai pas dansé
Déshabillée sur les tables d’un café
Ni roulé des patins
A tout le personnel masculin.

Mais qu’est-ce que j’ai pu faire hier soir ?
Aucun souvenir, un grand trou de mémoire.
J’ai vraiment mal à la tête
C’est ça les lendemains de fête.

Je n’ose pas regarder dans mon lit,
Il y a peut-être un corps qui git,
Quelle horreur de ne pas se souvenir
Comment une soirée a pu finir.

Et là, j’entends une petite voix qui dit,
Mamy, tu as ronflé toute la nuit
Et moi, j’ai fait pipi au lit !

Puis j’ai dessiné
dans les escaliers
Et j’ai mis Médor dans le frigo
Pour qu’il ait moins chaud.

Aucun excès, aucune turpitude
Je suis restée chez moi… Comme d’habitude
Ouf ! je ne suis pas sortie, je suis rassurée
Même si je suis de corvée…
Je ne boirai plus, c’est promis, juré !
Fabienne

Qu’est-ce que j’ai pu faire hier soir ?
Dans ma tête y’a comme un trou noir…
J’ai retrouvé dans mon salon
D’un inconnu le pantalon…
Des chaussures non identifiées
Dépareillaient mon canapé.
Des verres vides trônaient  sur le bar
Où les liquides se faisaient rares.
Des cacahouètes jonchaient le sol.
Là, j’ai senti comme un bémol…
Mais dans mes yeux comme un brouillard,
Puis, ce mec chauve, à l’air hilare>
Qui, guilleret, se paye ma poire.
Mais, bordel !
Qu’est-ce que j’ai bien pu faire hier soir ?
Patricia

Mais qu’est-ce que j’ai pu faire hier soir ? J’ai de vagues souvenirs : apéro avec les collègues après le boulot… Mais où ???
Comme d’habitude, je suis arrivé en retard. Tournées sur tournées de bière. Franche rigolade ; moi, bien parti. Avant la fin de la soirée, les yeux embués, je repère un troupeau de blondes, adossées au bar. Entre collègues, on se dit au revoir. Je fais semblant de partir… et reviens. Je m’approche discrètement du groupe de blondes. Elles me trouvent lourd, comme un gars déjà bien entamé… Et puis, plus rien ! M’aurait-on drogué avec la « drogue du violeur » ?
Je me réveille dans un lit. Ah ! ça bouge à côté de moi. Une blonde qui se retourne, à moitié endormie. Serais-je arrivé à conclure malgré tout ? Non ! Ce n’est pas une blonde, hélas, c’est mon chat qui vient me caresser. Je suis en retard !!! Vite, la douche, mes habits, le boulot…
Arnaud

22 août, 2017

Atelier d’écriture du lundi 21 août 2017

Classé dans : Non classé — joie55 @ 6:24

DEVOIR : Inventez une origine à l’expression :

oreilles

- Nicolas ! Je t’ai dit cent fois de ne pas dire de gros mots. Souviens-toi de ce que papa t’a dit l’autre jour : à la prochaine grossièreté tu seras puni de TV  pendant une semaine !
- Heu ! Mais… papa n’est pas là… si je te promets d’être sage, tu n’es pas obligée de le lui dire…
-Même si je ne lui dis rien, il finira par en être informé. Tu sais bien que les murs ont des oreilles ici…
«  les murs ont des oreilles ! »…Nicolas stupéfait examine attentivement les murs de sa maison : pas la moindre oreille ne dépasse des murs ni même le simple dessin d’une oreille ? Je ne vois pas d’oreille maman…
- Bien sûr que tu ne vois rien, gros béta ! C’est seulement une façon de parler qui veut dire que des paroles  prononcées sans témoin pourraient quand même être rapportées.
- Ah bon ! Quelle drôle d’expression ! Qui a pu avoir une idée pareille ?
- Bon ! Assieds-toi Nicolas ! Je vais te raconter l’histoire tragique qui est à l’origine de cette expression :

«   Autrefois, dans la principauté de Cataya, au sud de l’Espagne, vivait un comte très austère et très sévère du nom de Don Miguel de la Carrerra. Son seul point faible était  un amour éperdu pour la belle et douce Dona  Isabella, son épouse.  Il advint qu’un jour, pour se venger d’un affront public,  son ennemi juré, le comte Francisco de la Sierra, décida  d’enlever  Dona Isabella  et de l’enfermer dans la plus haute tour de son donjon. Pour arriver à ses fins, il envoya cinq  chevaliers à sa solde, déguisés en simples marchands, pour enquêter au château ; ils devaient se renseigner sur les moindres faits et gestes  de la fragile épouse et préparer au plus vite le rapt de Dona Isabella. Hélas  pour eux, tout ne se passa pas comme prévu… le complot fut déjoué, les ravisseurs furent capturés et finirent leurs jours  dans la pire des geôles du château après avoir été durement torturés : entre autres, on leur avait coupé les deux oreilles, symboles de leur activité d’espion !
Souhaitant que cette histoire fâcheuse serve d’exemple, le comte fit élever un muret juste avant le pont levis. Les dix oreilles des coupables  furent mêlées à la chaux vive recouvrant  ce mur de la honte où étaient gravé les noms des cinq coupables. L’effroyable vengeance fut colportée de château en château et de villages en villages. Depuis lors,  quand on craint une indiscrétion,  l’usage  est de dire que les murs ont des oreilles ».

Voilà ! A présent tu connais la signification et l’origine de cette expression.  Alors, attention à toi ! Et plus de gros mots, compris ?
Patricia

En l’an de grâce 1432, Ivan le Fourbe régnait sur le royaume de Sylvanie. Ses sujets ne l’aimaient guère car c’était un homme cruel, prêt à tout pour arriver à ses fins. Il avait d’ailleurs fait assassiner son père, un homme bon et sage, afin de lui ravir le trône. C’est pour cette raison qu’il se voyait des ennemis partout et ne faisait confiance à personne. Il avait donc recruté une armée d’espions qu’il payait grassement. Ils étaient chargés de tendre l’oreille afin d’écouter tout ce que les courtisans disaient du roi et ainsi, de déjouer toute tentative de coup d’état, voire de meurtre. Le chef de cette armée secrète devait lui faire un rapport tous les soirs. Mais Ivan, qui était très méfiant, n’eut bientôt plus confiance. Alors, il engagea d’autres espions pour surveiller les premiers. Mais il avait toujours le sentiment qu’on lui cachait quelque chose, il se méfiait de tout et de tous.

Un de ses sbires, espérant une récompense à la hauteur de sa « loyauté », vint lui raconter que les espions, retournés par le parti adverse, projetaient de l’assassiner. Alors, il entra dans une très grande colère et vit rouge. Il voulut frapper un grand coup et asseoir définitivement son autorité. Il fit couper les oreilles de tous ses espions, y compris celui qui avait dénoncé les autres. Ensuite, il demanda à ses gardes de clouer ces oreilles encore toutes sanguinolentes sur le mur de la grand salle. Le lendemain matin, il s’assit sur son trône et fit entrer tous les courtisans qui furent horrifiés du spectacle.
Le roi leur dit : « sachez désormais que tout ce que vous direz de moi, je le saurai, car ici, les murs ont des oreilles ! ».
Ivan ne savait pas que ce n’est ni la peur ni l’argent qui rend les gens fidèles, mais uniquement l’amour et le seul souvenir qu’il ait laissé est cette expression.
Fabienne


Exercice
 : Métier insolite = Chasseur d’idées noires

idees

Il était chasseur d’idées noires, mercenaire au service du bonheur. Il avait sur lui, toute une panoplie d’armes. Des armes les plus légères, comme l’écoute, un sourire, l’espoir à d’autres un peu plus conséquentes comme accepter ce qu’on ne peut changer, profiter du moment présent ou, tout simplement boire un coup…  aux armes lourdes, comme l’amitié et le rire. Toutefois, son arme suprême était l’amour, mais elle était à double tranchant et il ne s’en servait qu’avec parcimonie.
Ce soir-là, en patrouillant dans son quartier, il vit bien qu’Armand ne répondait que du bout des lèvres à son salut. Alors, il s’assit à côté de lui, sur les vieux escaliers de sa maison, encore chauds du soleil de l’après-midi qui se couchait et offrait une palette de couleurs allant de l’or le plus chaud au bleu le plus profond, en passant par de petits nuages roses, tels de la barbe à papa coiffant le sommet de la colline.
-       Tu as vu, Armand, comme le jour qui finit est beau ?
-       Oui…
-       Tu as vu, toutes ces belles couleurs ?
-       Oui…
-       Mais je vois, sur ta tête des nuages noirs, qu’est-ce qui t’arrive ?
-       Rien… enfin, j’ai pas le moral…
-       Alors, dis-moi pourquoi.
-       Anne-Lise m’a quitté.
-       Ce n’est pas toi qui disait, il y a peu que tu voulais rompre ?
-       Si… Mais là, c’est elle qui est partie.
-       Et alors, tu devrais être heureux… Regarde le spectacle du coucher du soleil, puis nous boirons un coup ensemble et j’appellerai des amis pour faire une fête, tu verras, il n’y a rien de tel… Et qui sait de quoi demain sera fait !
Armand le regarda et lui sourit. Cette bataille avait été facile à gagner, mais il savait que ce n’était pas toujours le cas.
Fabienne

 

A  six heures tapantes, Johan, fusil sur l’épaule et gibecière en travers sur une chemise camouflage, était parti à la chasse. Son chien, Pilou, trottinait à ses côtés, prêt à poursuivre les malheureuses victimes. Ils avaient marché d’un bon pas mais le gibier se faisait rare et les quelques coups de feu trouant la quiétude d’une matinée de plus en plus ensoleillée n’avaient pas eu l’effet escompté. A midi, Johan s’assit sur une pierre plate et profita de la beauté et de la sérénité du paysage alentour. Son déjeuner de saucisson, de fromage frais et de pain de campagne lui parut un festin qu’il accompagna d’une bonne bolée de cidre brut. Comme il reprenait la route, prêt cette fois à en découdre avec le premier lapin ou volatile qu’il croiserait sur sa route,  il aperçut son ami d’enfance Paul dit « Petit Paul » depuis la maternelle. Ce dernier avait l’air sombre.  Sourcils froncés, visage fermé, il avançait sans porter attention à ce qui  l‘entourait, concentré à n’en pas douter sur de tristes pensées. Arrivé devant Johan, il sursauta car, plongé dans son monde intérieur, il n’avait pas vu son ami. Johan le connaissait si bien qu’en un rien de temps il avait pris la mesure du poids pesant sur les épaules de petit Paul. Sans détour, il interrogea son ami le laissant parler encore et encore jusqu’à ce que ce dernier,  plus léger, ébauche enfin un sourire. Le soleil déjà se courbait à l’horizon et il était l’heure de rentrer.
Pas de bécasse, de lièvre ou de perdreau dans sa gibecière vide mais tout compte fait, la chasse avait été bonne et sans contestation possible il s’attribua le titre honorifique  de « chasseur d’idées noires ».
Patricia

Exercice : 5 fruits et légumes par jour !!!!

fruits

Ecrire un texte avec le plus d’expressions possible contenant des fruits ou des légumes

Clémentine avait un teint de pêche, des lèvres de groseille un corps de biche. A elle seule, elle incarnait tous les fruits de la passion. Le problème, c’est qu’elle avait un cœur d’artichaut, offrant une feuille à chacun de ses multiples prétendants, amèrs d’avoir été pris pour des poires. Sacré manioc la poulette ! Pas facile d’être  un de ses petits choux ! Il y en eut un cependant, qui osa ramener sa fraise. Celui-là, un dur à cuire, n’avait pas du sang de navet. Il la prit durement à partie et pour la vexer la traita de grosse patate. De surprise, elle faillit tomber dans les pommes ou dans les choux, comme vous voudrez.  Lui n’avait plus rien à perdre, il savait que les carottes étaient cuites mais il pensa que ce n’était pas la fin des haricots et que pour une telle courge il ne dépenserait plus un radis. Désormais, il garderait son oseille pour lui, ça lui permettrait de mettre du beurre dans ses épinards et d’économiser pour acheter la voiture qu’il convoitait depuis si longtemps,  passant enfin de la citrouille au carrosse.

J’avais la pêche quand je suis allée au rendez-vous. Mais ça faisait plus d’une heure que je faisais le poireau, en plein soleil. J’ai failli tomber dans le pommes quand je le vis ramener sa fraise, avec la banane, en plus.. Bref, il se fendait la poire. Je n’avais pas tout de suite reconnu ses oreilles en feuille de chou car il avait mis un chapeau melon. Il ne s’est même pas excusé et quand il a vu que j’étais en colère, rouge comme une tomate, il a voulu calmer le jeu et a proposé :

- Mon pote Gégé m’a dit qu’il fallait absolument qu’on aille au cinéma voir « Les carottes sont cuites ». Il parait que c’est un super polar.
Finalement, le film était un vrai navet. Je lui ai dit :
-       Gégé t’a raconté des salades ou alors, il a le QI d’un pois chiche.
Pour rentrer, je voulais prendre un taxi, mais il m’a dit qu’il n’avait plus un radis. Alors là, c’était la cerise sur le gâteau, la fin des haricots. Sûr que j’avais un cœur d’artichaut, mais avec ce mec, vraiment, j’en avais gros sur la patate. Il n’allait plus trop longtemps me courir sur le haricot !
Fabienne

8 août, 2017

Atelier d’écriture du lundi 7 août 2017

Classé dans : Non classé — joie55 @ 5:44

DEVOIR : 5 mots
Nœud papillon, zut, béatitude, fantaisie, cheval avec le 1er mot dans la première et la dernière phrase.

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Il portait un nœud papillon autour de son cou nu. C’était un nœud papillon peu courant, je n’en avais jamais vu de pareil : coloré, avec du rouge, du rose profond et du jaune doré, de forme inhabituelle aussi, déstructurée. Son torse était nu. Il portait juste un jean ajusté sur un corps parfait et il était pieds nus. Il me fascina aussitôt.
Sa tenue serait probablement passée inaperçue à Saint-Tropez, Ibiza ou Saint Barth où toutes les fantaisies sont permises, voire recherchées. Mais on était à Paris, à la terrasse d’un de ces fameux bateaux restaurants amarrés sur les bords de Seine. La Dame de Canton était un lieu huppé, fréquenté par une clientèle d’hommes qui possédaient un yacht à Cannes, un chalet à Megève, un cheval à Longchamps et un mannequin russe à leur bras.
Je n’étais ni russe ni mannequin mais j’avais du chien et l’homme qui m’accompagnait était fort riche et fort ennuyeux (et fort laid aussi…). Il me saoûlait de mots comme stock options, investissements à long terme, profits et évasion fiscale, tout en se gavant d’une nourriture roborative qui allait encore ajouter un pli à sa bedaine et faire sauter un bouton de sa chemise Pierre Cardin…
Alors vous pensez bien que je l’ai tout de suite repéré, ce bel olibrius au nœud pap qui détonnait parmi les cols blancs et je l’ai trouvé épatant ! J’imaginais une vie d’aventurier, une nationalité italienne, un prénom : Renato…Je voulais savoir pourquoi il était accoutré de façon si peu conventionnelle. Et je rêvais, un air de béatitude sans doute au visage puisque mon compagnon, l’attribuant à mon intérêt pour sa conversation et à mon désir pour lui voulut m’entraîner in petto à l’hôtel pour une sieste…
Zut ! Me dis-je. Comment lui échapper ?
Pendant qu’il allait régler l’addition à la caisse je me précipitai à la table de Renato, m’accrochai à son bras et le tirai violemment :
–      Sauvez-moi ! Vite, sortons, cet homme veut m’emmener chez lui de force… Il va me violer, au secours !
Il fut bien obligé de me suivre…
Notre relation commença comme ça. Renato s’appelait Robert et il était auvergnat, mais qu’importe ! Il avait un regard bovin, je le trouvais « doux ». Il faisait des plaisanteries grasses auxquelles il riait comme un gosse, j’y voyais de la «  fraîcheur». Il n’était ni cultivé ni ambitieux, je le trouvais « reposant ». Il parlait par onomatopées, j’aimais sa « simplicité ». Il faisait l’amour à la hussarde, je le trouvais « viril ».
Je ne sus jamais pourquoi il était quasiment nu le jour de notre rencontre. Il s’habilla mais conserva ce nœud pap autour de son cou nu, dont il faisait son identité en quelque sorte.
Et puis un jour, au bout d’un petit mois, à la suite d’une banale dispute autour du réchauffement climatique auquel il ne comprenait rien, j’ouvris les yeux :
Son regard bovin, je le vis vide, ses plaisanteries je les trouvai soudain idiotes, son inculture me devint insupportable, ses onomatopées me donnèrent des envies de meurtre. Quant à sa façon de faire l’amour comme un lapin !!…
Je vis rouge et il fit les frais du réchauffement de la planète :
–      Oui, la banquise fond, ne t’en déplaise et le jour où les cons vont fondre aussi, il y aura de l’eau dans tes godasses !
Il me regardait de son air hébété. Je le plantai là en lui lançant :
–      Heureusement que ton putain de nœud papillon surnagera : on saura que cette flaque c’était toi !
Huguette

 

thomas-pesquet

Le corps en apesanteur, l’esprit joyeux, il triture son nœud papillon tout en comptant les heures qui le séparent de ces retrouvailles. Retrouvailles, retrouvailles… Le terme est un peu ambitieux pour une conversation par écran interposé. Cela ne vaut une franche accolade. Mais qu’importe ! La seule idée de voir quelques instants la moustache touffue de son père, le sourire réconfortant de sa mère et les charmantes fossettes de sa fiancée réjouit Thomas Pesquet. Un sentiment de félicité, de béatitude s’empare de l’astronaute à bord de la station spatiale internationale.
Aujourd’hui, c’est jour de fête. Il célèbre ses 39 ans. Sans sa famille, certes. Mais sur son écran d’ordinateur, il espère bien les apercevoir attablés dans le jardin de la maison de campagne à Rouen. Il pourra abreuver son père de ses dernières expéditions, s’enquérir de la santé de ses proches avec sa mère. Et susurrer quelques paroles coquines à l’oreille de sa future épouse.
Aujourd’hui, l’ordinaire n’a pas de raison d’être. Alors que ses jambes flottent, dans un superbe pied de nez à la gravité terrestre, l’astronaute, en costume de fête, se hisse jusqu’au petit recoin qui fait office de cuisine. Pour le déjeuner, le très usuel bœuf aux carottes cède place à un foie gras poêlé confectionné par Alain Ducasse. Une fantaisie sans doute, mais il en faut. Car, les distractions sont rares à bord de la station.
Thomas Pesquet ne détache pas le regard de sa montre jusqu’à ce qu’une faible sonnerie ne retentisse. A cheval sur l’heure, il se précipite sur son ordinateur. Alors que quelques paramétrages techniques l’éloignent encore de ses proches, c’est le trou noir. Pas de visages familiers, ni de rires. L’écran demeure noir. Tristement noir. Désespérément noir ! Thomas est déçu. Abattu. Dans un geste las, ses mains desserrent son nœud papillon.
Sophie

contactsenior_com

Benjamin était si fébrile qu’il n’arrivait même pas à nouer son nœud papillon. Il l’arracha d’un geste rageur.
-       Et puis zut !!!! se dit-il
Le problème, c’est qu’il avait rendez-vous avec une dame qu’il ne connaissait pas et le nœud à pois jaunes était son signe de reconnaissance.
Décidément, il trouvait toute cette histoire complètement ridicule et surtout plus de son âge. Ce n’est pas qu’il se sentait si vieux que ça, mais juste un peu dépassé. Il venait de fêter, seul, ses soixante ans, ses fils n’avaient pas pu venir, ou ils avaient oublié.
Quand Béatrice, sa femme, lui avait annoncé son intention de divorcer, il n’y avait pas cru au début. Puis, il avait bien fallu qu’il se rende à l’évidence. Elle lui avait avoué qu’elle était amoureuse de Paul, le mari d’Angélique. Paul et Angélique, leurs meilleurs amis. Trente ans de mariage pour en arriver là… une situation de théâtre de boulevard, et pourtant si banale dans la vraie vie. Il se demandait toujours ce qu’il avait fait… ou pas… quatre ans déjà. Mais ses deux fils trouvaient qu’il était bien trop seul, alors ils l’avaient persuadé de s’inscrire sur un site de rencontre pour seniors. Mais maintenant, il trouvait que c’était idiot. Le problème, c’est qu’il ne savait pas trop s’il voulait rencontrer quelqu’un ou pas. Il s’était habitué à cette vie de célibataire, sans horaire, sans contrainte, sans fantaisie, certes, mais aussi sans mauvaise surprise. Une vie centrée sur lui-même, ses envies, ses plaisirs… C’était… inhabituel et assez plaisant, après avoir passé trente ans à travailler comme un acharné pour que sa famille ne manque de rien. Soudain, il se rendit compte que c’était justement pour ça que sa femme l’avait quitté. Bon, il fallait arrêter de ressasser tout ça. Il ne pouvait pas changer le passé. Il devait se ressaisir et aller de l’avant. Et puis, cette femme avec qui il avait rendez-vous lui conviendrait peut-être. Lui-même n’était plus le Prince Charmant qui enlève sa belle sur son cheval blanc. Non, il ne s’attendait pas à une vie de béatitude, mais il pouvait encore avoir des petits bonheurs simples. Une vie de « Sérénité », c’était justement son pseudonyme à la dame en question et ça lui avait plu. Son humour aussi quand ils avaient chatté toute une nuit. Plein d’espoir malgré tout, il remit son nœud papillon.
Fabienne

pap

Une sage folie 

Gontran de Foncombe, particule et fin de race assumée, arborait quotidiennement un  nœud-papillon du plus bel effet dont les couleurs chatoyantes variaient au gré de ses humeurs. Cette fantaisie, débridée, aux dires de sa parentèle, le distinguait nettement de ses frères et sœurs que l’on pouvait, sans exagération excessive, qualifier de très collé-montés.
Outre  cette incongruité vestimentaire, Gontran ne passait jamais inaperçu. Pour lui, rien de plus délectable que de proférer quelques énormités en cours de conversation, conversation qu’il menait, par ailleurs avec brio. La stupéfaction et le trouble qui fatalement s’en suivait le plongeaient toujours dans un bonheur ineffable, proche de la béatitude.  Ses parents, très à cheval sur leurs principes, vivaient avec difficulté ces originalités dont ils ignoraient les fondements et l’intérêt. Par quels chemins détournés leurs ADN conjugués avaient-ils pu mener à la conception d’un tel énergumène ? C’était vrai tout de même… après tout, zut ! Crotte et flute ! Quelle poisse ! Pourquoi cette affligeante malédiction, ce bouton purulent polluant une famille si conforme à son milieu, si distinguée, si parfaite, en somme ?
Cette énigme les poursuivrait jusqu’à la tombe car comment expliquer l’inexplicable ?
Pour sa part, Gontran, imperméable à ses vains tourments, jouissait subtilement d’une existence dont il prenait soin d’emplir chaque jour d’un quota élevé de petites surprises et de bonheurs accessibles, sagesse d’une folie contenue dont il avait maintes fois apprécié l’efficacité.
Aujourd’hui était un autre jour et fidèle à lui-même, il s’apprêtait à savourer ce nouveau dimanche, page blanche qu’il saurait colorier de menus plaisirs.  Déjà impatient, il contrôla sa tenue dans l’immense miroir de sa confortable petite suite. Selon la pioche, il enfourcherait ou non son fidèle destrier, une pétaradante et rutilante moto. Le cœur frémissant et les yeux clos, il plongea sa main dans un des tiroirs débordants de sa garde-robe. Le hasard lui attribua un nœud-papillon d’un rouge éclatant, signe pour lui évident que ce dimanche aurait un goût fraises…
Patricia


Exercice
: Ecrire une histoire à partir de ces 2 photos de Bertrand Pouget

maison                chiens

J’habite dans le 9-3. Non ! Pas la banlieue parisienne…. Dans le pavillon 9-3, Rue de l’Ecole Buissonnière, une charmante petite maison qui me sert aussi de clinique. Mon nom, c’est Médor… Docteur Médor, plus exactement, car je suis dentiste pour chiens. Et croyez-moi, ce n’est pas une sinécure. Certes mes clients ont peu de caries, en revanche, ils se coincent tout un tas de choses dans les dents. Tenez, pas plus tard qu’hier, j’ai été obligé d’intervenir pour sauver Lizzy, une flamboyante beauceronne, de l’étouffement. Elle s’était coincé un os en travers de la gorge. Une opération longue et difficile. Il s’en est fallu de peu… La belle me voue désormais une éternelle reconnaissance. Comme vous voyez mon métier n’a pas que des inconvénients…
Fabienne


Exercice
 : Il lui fallut du temps pour comprendre que ses oreilles n’entendaient pas la même chose. Quand l’une entendait « OUI », l’autre entendait « NON ». Quand l’une entendait « BEAU », l’autre entendait « MOCHE ».
Laquelle devait-il croire ? 

oreilles

Il lui fallut du temps pour comprendre que ses oreilles n’entendaient pas la même chose. Quand l’une entendait oui, l’autre entendait non. Quand l’une entendait beau, l’autre entendait moche. Laquelle devait-il croire ?
Dans un premier temps, pensant s’éviter bien des désagréments, il prit l’option de n’écouter que l’oreille dont les propos auraient une portée positive. L’avenir devait lui enseigner que le bon droit n’engendre pas toujours l’approbation et que trop de gentillesse est parfois source de moqueries. Quand il en eut assez d’être pris pour un benêt, il décida de n’écouter dorénavant que sa seconde  oreille. Hélas ! Les retombées de ce choix s’avérèrent aussi désastreuses que le précédent. Il eut alors l’idée surprenante d’écouter un jour l’oreille gauche, le lendemain la droite et ainsi de suite. Cette expérience, par trop chaotique, ne fut pas plus convaincante. Désespéré, il fut contraint de faire la sourde oreille et plus jamais, jamais, il n’écouta ces traitres pavillons qui lui avaient pourri l’existence. Désormais, il n’écouterait plus que son cœur dont les doux et réguliers battements rythmeraient sa pensée.
Patricia

Depuis ce matin, Petit Pierre se rendait bien compte que quelque chose n’allait pas. Mais il ne savait pas quoi. Il était en classe, assis à son bureau, Lorraine à sa droite et Audrey à sa gauche. Or, depuis le début de la matinée, Lorraine lui susurrait des mots gentils, elle l’aidait même à répondre à l’institutrice quand il ne savait pas. C’était vraiment inhabituel. En général, Lorraine se moquait vraiment de son ignorance. De l’autre côté, Audrey n’arrêtait pas de l’enguirlander, elle lui reprochait tout et n’importe quoi. Alors qu’en principe, Audrey était son amie. Ils s’entendaient si bien ensemble… Mais il est vrai qu’habituellement, Audrey était à droite et Lorraine à gauche… Il s’interrogea toute la journée. Le soir, il se mit entre papa, à sa droite, et maman à sa gauche, contrairement aux autres soirs… Alors que maman lui disait toujours des choses agréables, s’intéressait à ses histoires, l’encourageait, ce soir-là, elle ne fit que le remettre vertement à sa place et lui dire de se taire… Papa, au contraire, était tout ouïe… Il lui raconta même une très belle histoire pour l’endormir. Mais Petit Pierre, dans son lit, eut du mal à trouver le sommeil. Soudain, il comprit… Il comprit que ses oreilles n’entendaient pas la même chose. Quand l’une entendait « OUI », l’autre entendait « NON ». Quand l’une entendait « BEAU », l’autre entendait « MOCHE ».
Que devait-il faire ? Le sommeil eut toutefois raison de lui. Le matin, il se réveilla tout souriant, il avait trouvé la solution. Petit Pierre était un enfant gentil et bien élevé. Il détestait qu’on le gronde ou qu’on dise des choses méchantes. Alors il décida de mettre une boule Quiès dans son oreille gauche et de la faire taire à jamais…
Fabienne

Textes en vrac

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CAFAT

Lettre de réclamation à la CAFAT
Inclure au moins 3 mots parmi ces 6 : abluer, favéolé, karature, paillolles, un tailladin, zinzolin

 Chère Madame la Cafat,

J’ai eu il y a quelques mois un zinzolin extrêmement douloureux (et mal placé) qui m’a obligé à quitter mon travail pendant 35 jours.
Comme j’étais complètement favéolé, mon patron  a voulu en profiter pour me virer.
Heureusement j’avais quelques paillolles dans la place (oui, je puis me flatter d’être très populaire auprès de ces dames) et elles m’ont soutenu en signant une pétition en faveur de mon maintien dans le poste, pétition que je vous livre ici en PJ.
Ma demande est simple : je vous prie de remettre ce tailladin à sa place et de m’abluer mes indemnités afin que je puisse continuer à vivre décemment et à honorer comme il se doit toutes celles envers qui j’ai de grandes responsabilités, vous me comprenez, n’est-ce pas ?
Veuillez agréer, Madame la Cafat, mes karatures distinguées
Ernest Gourmet

PS : si vous êtes libre samedi en 8, je me ferai un plaisir de vous témoigner ma reconnaissance…
Huguette

Exercice : un instantané de l’atelier du 3 juillet 2017

8p

Trois bouteilles de vin sur la table, une de chaque couleur.
Georges se fâche, ou fait semblant, en prenant une voix de stentor.
Une boîte vide, ayant contenu le sandwich de Loup,  au salami je crois.
Six personnes, dont deux femmes, qui grattent frénétiquement sur leur feuille de papier blanc pour répondre à un exercice d’écriture.
Le ricanement de Bertrand et les réprimandes de Diego.
Des pas au plafond…
Un ventilateur arrêté et tourné dos à nous, doublement inutile.
Moi qui pioche sans arrêt dans l’assiette de bananes séchées.
Loup, le nez sur sa feuille, concentré.
Un rideau noir et des chaises rouges.
Et encore Loup qui déambule dans la pièce pour faire son devoir avec sérieux.
Diego nous enjoint d’écrire sérieusement, mais lui-même boit du rouge, alors…
Claire, les yeux au ciel…
Bertrand fait des grimaces.
C’est un atelier ordinaire, un lundi soir à la maison Célières, sous des néons aveuglants.
Huguette

Sandwich :

Nous avions combien ? Dans les 32, 33 ans à nous deux. Et nous étions amoureux comme on peut l’être quand on n’est plus des enfants et pas encore des adultes…
Merci à toi, l’amie de Jérôme Bosch, qui fut si souvent clouée, par superstition, sur la porte des granges, et à qui je dois ce souvenir ému d’une jeunesse enfuie.

Nous avions combien ? Dans les 32, 33 ans à nous deux. Et nous étions amoureux comme on peut l’être quand on n’est plus des enfants et pas encore des adultes.
Pour preuve de notre amour réciproque nous portions chacun la même petite chouette en pendentif, Béa au poignet et moi en porte-clés. C’est elle qui avait choisi cet emblème de sagesse et de beauté.

chouette

Nous étions dans la même classe, en première au lycée Bristol de Cannes. Béatrice avait un an d’avance et moi un an de retard. Je me sentais stupide en classe face à elle, mon  bbbb comme je l’appelais : Béa, brillante, bûcheuse et belle.
Mais pour le reste, c’était un bébé et moi déjà un homme, du moins je le croyais parce que je l’avais déjà fait, comme on disait à l’époque, et avec une vieille, en plus, une amie de ma mère qui m’avait dépucelé, trop brièvement d’ailleurs, pendant un week-end qu’elle avait passé avec nous au chalet. Ainsi je me croyais initié à l’amour, pauvre béotien que j’étais ! Et bien sûr j’insistais pour faire profiter de mon « expérience » ma Béatrice qui, elle, était toute neuve et candide.
Ce que je ne disais pas, c’est que je pensais surtout à moi : ma libido ayant été éveillée d’un coup, elle me dominait totalement, je bandais en permanence, en cours, dans le bus, à la plage… Je n’en pouvais plus !
Béatrice, qui était sage en plus d’être bbb, refusait de faire l’amour : nos parents n’auraient jamais permis qu’on dorme dans la même chambre, ils hésitaient déjà à nous laisser seuls sous le même toit, nous n’avions pas de voiture, il aurait fallu aller dans les bois ou sur la plage, le soir pour ne pas être vus, mais Béa ne sortait pas le soir…
Je me vantais si souvent d’être un pro de l’acte sexuel que quelques filles moins farouches et plus libres s’offrirent à tenter la chose avec moi. J’avais beau hésiter parce que j’étais amoureux de ma douce, un soir de pleine lune la testostérone fut la plus forte et j’entrainai une Martine de première D dans le sous-bois qui jouxtait le terrain de foot municipal. Je m’aperçus tout de suite qu’elle avait plus d’expérience et moins de retenue que moi : elle avait vite enlevé sa culotte et elle fut contre moi, contre un arbre… elle se frottait sur mon sexe, ce qui me rendait fou.
Comme j’allais tenter maladroitement de la pénétrer, un oiseau nocturne nous frôla de son aile… Un peu déstabilisé, je stoppai mon élan et c’est alors que je la vis : une chouette magnifique, posée dans la fourche d’une branche juste au-dessus de nous. La lueur de la lune faisait luire son pelage très blanc autour de deux yeux ronds qui me fixaient intensément sans ciller.

chouette2

Je repris aussitôt mes esprits : cette chouette, symbole de mon amour pour Béatrice, m’empêcha de commettre ce que j’aurais regretté ensuite. Je m’enfuis en bredouillant quelques excuses, Martine se mit à rire et me fit une réputation de vantard et de couille molle, mais dès le lendemain je fus tout raconter à Béa qui vit dans ce signe du destin la preuve que notre amour vivrait toujours sous la protection de notre déesse Athéna.
Elle n’avait pas tort. Nous sommes mariés depuis 40 ans aujourd’hui et nous nous regardons avec les mêmes yeux éperdus qu’en ce temps-là…
Merci à toi, l’amie de Jérôme Bosch, qui fut si souvent clouée, par superstition, sur la porte des granges, et à qui je dois ce souvenir ému d’une jeunesse enfuie.
Huguette


Sandwich

C’était quand même les samedis soirs que Harper Delano Conway préférait. Enfin ceux où il était seul…
Il frémit, se retourna et se rendormit, la joue sur le côté bleu de son chien Goofy.

drole-de-samedi-soir

C’était quand même les samedis soirs que Harper Delano Conway préférait. Enfin ceux où il était seul.
Au moins il n’était pas obligé de composer, de mettre un masque, de se forcer à parler aux autres, de se forcer à se taire, de se forcer boire, à ne pas boire, à sourire, à paraître intelligent…
Bref, vous l’aurez compris il aimait les samedis soirs où on lui foutait la paix.
Et chez lui, tandis que le feu crépitait et chassait la froidure hiémale, il buvait comme un pompier et fumait comme un trou (ou l’inverse), braillait des chansons paillardes, pissait par la fenêtre sur les passants, et finissait par s’échouer comme un phoque sur son divan défoncé, ventre en l’air et la bave coulant sur son menton, en serrant contre lui son vieux chien en peluche bleu et noir, Goofy…
Or ce samedi là, le 4 juillet 1981, il avait exceptionnellement ramené chez lui une poupée bien roulée du nom de Daisy Hot Chippy, avec l’intention de prendre du bon temps pour fêter l’ »independence day ».
Ils commencèrent par picoler et fumer des joints, et comme à son habitude il perdit les pédales et s’écroula…
En grand champion du ratage intégral, quand elle voulut l’embrasser, il frémit, se retourna et se rendormit, la joue sur le côté bleu de son chien Goofy.
Huguette

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